Equilibre des finances publiques : la faute de la gauche
Pour le think-tank Telos, le professeur d’économie à l’Institut des Hautes études internationales de Genève, Charles Wyplosz, analyse le projet de loi français d’équilibre des finances publiques. Il explique pourquoi l’opposition s’est désolidarisée du texte.
Pour le think-tank Telos, le professeur d’économie à l’Institut des Hautes études internationales de Genève, Charles Wyplosz, analyse le projet de loi français d’équilibre des finances publiques. Il explique pourquoi l’opposition s’est désolidarisée du texte.
Nicolas Sarkozy a décidé de remiser son projet d’inscrire l’équilibre budgétaire dans la Constitution. Il devait pour cela obtenir deux tiers des voix au Congrès de Versailles. Le rejet du projet par le PS a signé l’arrêt de mort de ce projet. Il reste à espérer que la France ne sera pas emportée dans la crise des dettes souveraines européennes, qui pourrait bien n’en être que dans sa première phase.
La dernière fois qu’un gouvernement français a terminé l’année avec un surplus budgétaire, c’était en 1974. Depuis presque quarante ans, chaque année c’est la même chose : « c’est la dernière fois, l’année prochaine vous verrez ». Certes, il y a eu de mauvaises années, qui justifient pleinement un déficit. Mais il y a aussi eu de bonnes années : depuis 1974, le revenu moyen par tête s’est accru de 70%, compte tenu de la hausse des prix.
La dette publique va approcher cette année 100% du PIB. Certes, la grande crise financière est passée par là mais en 2006, la dette publique était déjà d’environ 70%. On peut tourner et retourner les chiffres, le constat est incontournable : de gauche ou de droite, tous nos gouvernements ont abandonné toute notion de discipline budgétaire. Ça ne peut pas être un pur hasard.