L’Hermione : une aventure européenne !
L’Hermione, frégate conçue à Rochefort, en France, a transporté vers l’Amérique de nombreux européens partis soutenir l’indépendance des États-Unis. Aujourd’hui, l’UE et des collectivités locales ont rendu possible la construction d’une réplique, mise à l’eau à l’automne 2014. Il reste à présent à lui faire traverser l’Atlantique pour rejoindre les Etats-Unis comme son illustre prédécesseur.
L’Hermione, frégate conçue à Rochefort, en France, a transporté vers l’Amérique de nombreux européens partis soutenir l’indépendance des États-Unis. Aujourd’hui, l’UE et des collectivités locales ont rendu possible la construction d’une réplique, mise à l’eau à l’automne 2014. Il reste à présent à lui faire traverser l’Atlantique pour rejoindre les Etats-Unis comme son illustre prédécesseur.
Cette reconstruction a été rendu possible par l’Association Hermione La Fayette, créée en 1992 et présidé par Erik Orsenna. L’association s’est occupée de chapeauter la recherche des sources historiques et la reconstitution des plans, la recherche des premiers financements, puis le lancement d’un appel d’offres pour identifier et retenir un constructeur. Armateur du bateau, elle est composée de plusieurs milliers de passionnés. Depuis le lancement du projet, elle a tenu à lui donner une dimension européenne.
Autour de l’Hermione, la frégate qui, en 1780, conduisit le marquis de La Fayette en Amérique s’est cristallisé un projet qui pouvait paraître fou : celui de reconstruire le navire, à Rochefort, là où il a vu le jour, et de lui faire traverser l’Atlantique. Depuis son lancement, en 1997, ce projet a suscité de la part du public un intérêt sans faille non seulement en France mais aussi dans de nombreux pays européens. La couverture médiatique de la première sortie en mer de ce navire à l’automne 2014 et la présence de 100 000 spectateurs français et étrangers venus à Bordeaux assister à sa première escale, en témoignent.
Cet intérêt des Européens pour un défi pourtant franco-américain à l’origine n’est pas seulement de circonstance. Il prend racine dans l’histoire et porte haut et fort les valeurs démocratiques qui sont celles de l’Europe d’aujourd’hui. Il est aussi le reflet de la volonté d’ouvrir dès l’origine l’aventure de l’Hermione aux talents et aux soutiens venus de toute l’Europe.
Pour des raisons historiques tout d’abord : l’engagement pour la cause des Insurgents américains a mobilisé de nombreux européens, illustres ou anonymes. De France, d’Allemagne, de Pologne, d’Irlande, d’Espagne et même de Grande Bretagne, les soutiens humains, financiers, et militaires à l’indépendance des Etats-Unis n’ont pas manqué. Si les enjeux géostratégiques y ont eu, bien sûr, leur place cet engagement a été soutenu, transcendé par une adhésion commune à des valeurs universelles. Ce sont ces valeurs, celle des droits de l’homme, de la démocratie, qui fondent aujourd’hui le projet européen. Les instigateurs du défi de l’Hermione les ont revendiquées haut et fort, dès le lancement du projet. Ils ont fait leur la déclaration de La Fayette : « Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence ou la résignation ». Reconstruire l’Hermione, c’est rendre à La Fayette un hommage authentique et conserver la mémoire d’une grande aventure de solidarité entre les hommes.
Cette volonté partagée de promouvoir des valeurs devenues universelles s’est traduite concrètement dès le départ par l’ouverture du projet aux apports et aux talents venus de toute l’Europe.
Dès la phase d’étude, les concours n’ont pas manqué : celui des responsables du National Maritime Museum de Greenwich, près de Londres, qui ont permis de reconstituer les plans de la frégate, à partir de ceux d’un sistership (les originaux n’ayant pas été conservés par la marine française) ; ceux des équipes d’autres navires historiques, préservés ou reconstruits dans d’autres pays européens : le Batavia aux Pays Bas, le Don Fernando à Lisbonne, le Götheborg en Suède…
Rien d’étonnant ensuite que le chantier de l’Hermione soit devenu un lieu privilégié de rencontres de talents, de compagnons, d’artisans, venus de toute l’Europe : charpentiers, sculpteurs, gréeurs… La construction de la coque a attiré stagiaires et artisans venus de tous les horizons. Les sculptures du tableau arrière, dont le blason aux fleurs de lys, ont été créées par un compagnon allemand, Jens-Ole Remmers. L’emblématique lion de L’Hermione est l’œuvre de l’anglais Andrew Peters. Sculpteur spécialiste des figures de proue, il l’a réalisé en pin suédois pendant l’été 2011. Le marché du gréement, a été confié au savoir-faire de l’entreprise suédoise JB Riggers. Jens Langert a constitué une équipe franco-suédoise afin de préparer les 25 km de cordages de L’Hermione, soit près de 1 500 pièces différentes. Présents plusieurs mois par an à Rochefort, ils ont supervisé la pose des mâts et des voiles de 2012 à 2014.
Cette dimension européenne se retrouve aujourd’hui dans la deuxième phase de l’aventure de l’Hermione, celle de la navigation qui doit conduire l’Hermione aux Etats-Unis après une escale en Espagne, aux Canaries. Les gréeurs suédois ayant navigué sur le Götheborg ont logiquement trouvé leur place au sein de l’équipage professionnel. Jens Langert est désormais le bosco, maître d’équipage, de l’Hermione. Emil Bladh, son second, embarque en tant que matelot chef de tiers. Cette ouverture ne se limite pas aux marins professionnels, parmi les gabiers, de jeunes allemands, belges et suédois se mêlent aux volontaires français de sorte que c’est un équipage européen qui s’apprête à affronter l’Atlantique et à porter témoignage au-delà des mers des valeurs et de la volonté d’entreprendre qui animent l’Europe.