« L’influence française au Parlement européen : bilan et perspectives. Quels enjeux à l’horizon des élections européennes ? »

Thierry Chopin est directeur des études à la Fondation Schuman et enseigne au Collège d’Europe à Bruges. Il analyse les enjeux que représentent les élections européennes de juin 2009 pour l’influence de la France au Parlement européen.

Thierry Chopin est directeur des études à la Fondation Schuman et enseigne au Collège d’Europe à Bruges. Il analyse les enjeux que représentent les élections européennes de juin 2009 pour l’influence de la France au Parlement européen.

L’évaluation de l’influence française au Parlement européen à la fin de la législature faisant apparaître des signes de renforcement fragiles, il convient d’envisager des pistes d’actions possibles pour la consolider dans la perspective des prochaines élections européennes en 2009.

S’il faudra tenir compte d’un nouveau contexte juridique et politique encore incertain, les efforts pour consolider cette influence doivent déjà être généralisés, au moins à trois niveaux d’action  : les pouvoirs publics, les partis politiques et les électeurs.

Sous l’actuelle législature, le poids de la France au Parlement européen a eu tendance à se renforcer par rapport aux mandatures précédentes. Les signes de cette amélioration demeurent néanmoins encore fragiles. L’effort européen doit ainsi être non seulement poursuivi mais aussi amplifié, y compris par la remise en cause de certaines positions bien ancrées. De façon générale, il s’agit pour la France de développer une véritable stratégie d’influence, relativisant sa politique de puissance traditionnelle. De manière révélatrice, les journalistes et diplomates français, lorsqu’ils évoquent l’influence française, établissent presque systématiquement une comparaison avec le Royaume-Uni, référence obligée en matière de lobbying et de maîtrise du processus décisionnel européen. Toutefois, il n’est sans doute ni possible ni souhaitable de calquer l’action européenne de la France sur le modèle britannique. Il s’agit bien plutôt de s’inspirer des deux points forts de la stratégie poursuivie par Londres  : identifier clairement les objectifs européens du pays et faire primer l’influence effective sur les enjeux symboliques. 

Les élections européennes de juin 2009 ouvriront une fenêtre essentielle pour notre pays. La nouvelle génération au pouvoir devra s’attacher rapidement à montrer la continuité de l’engagement européen de la France et l’inflexion de ses modalités d’action. Dans ce cadre rénové, le Parlement européen et la politique d’influence feront utilement l’objet d’une attention qui, désormais, doit être continue et soutenue. Une telle attention permettra de mettre en évidence l’importance de cette institution trop méconnue aux yeux de beaucoup de Français et  de contribuer in fine à accroître la participation des électeurs lors des prochaines élections européennes, moment essentiel de la vie politique de l’Union.

Pour lire l’analyse, cliquez ici.