Zone euro : l’intergouvernemental ne marche pas !

Dans une analyse publiée par Telos, Laurence Boone, chef économiste Europe chez Bank of America Merrill Lynch, met en garde contre l’approche intergouvernementale de gestion de la crise. En reportant à plus tard l’intégration budgétaire, les États s’exposent à des pertes significatives, en cas de choc systémique, estime-t-elle.

Dans une analyse publiée par Telos, Laurence Boone, chef économiste Europe chez Bank of America Merrill Lynch, met en garde contre l’approche intergouvernementale de gestion de la crise. En reportant à plus tard l’intégration budgétaire, les États s’exposent à des pertes significatives, en cas de choc systémique, estime-t-elle.

Le traitement de la crise de la zone euro ne s’adresse pas à la zone euro dans son ensemble. Au contraire, chaque étape de résolution de la crise depuis deux ans s’est attachée à distinguer les situations : d’abord parce que chaque traitement d’éruption de crise est fait au cas par cas national, ensuite parce que le mode de gestion de la crise revient sur la méthode communautaire pour privilégier l’intergouvernemental.

Le fait de privilégier l’intergouvernemental se fait au nom de la rapidité d’action. Mais c’est le contraire qui se produit. En outre, l’inter-gouvernementalisme incite chacun à privilégier ses arguments nationaux. La méthode communautaire, par contraste, privilégie des solutions européennes : c’est elle qui a favorisé la création de la monnaie unique, du grand marché et des politiques associées.

Il y a deux illustrations au « nationalisme » des méthodes de traitement : la totale ignorance d’un possible traitement du secteur bancaire au niveau de la zone euro, et les limites strictes de l’engagement budgétaire de chaque pays pour assurer la stabilité financière de la zone.