« Quand la crise a éclaté, nous n’avions pas de plan de réformes »

Issu de la gauche grecque, Georges Kaminis est maire d’Athènes depuis 2010. De passage à Cadix, pour les États Généraux du Conseil des communes et régions d’Europe, cet ex-médiateur auprès des citoyens regrette le chaos anti-démocratique dans lequel les réformes se déroulent.

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Issu de la gauche grecque, Georges Kaminis est maire d’Athènes depuis 2010. De passage à Cadix, pour les États Généraux du Conseil des communes et régions d’Europe, cet ex-médiateur auprès des citoyens regrette le chaos anti-démocratique dans lequel les réformes se déroulent.

Quel bilan faites-vous de l’action menée en Grèce par la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI) ?

La Troïka a préparé un business plan pour le pays, car nous n’avions pas de plan de réformes lorsque la crise a éclaté. Cette méthode s’est révélée néfaste, puisque nous n’avons pas expliqué aux citoyens ce qui se passait réellement en Grèce, quelles étaient les mesures à prendre et pourquoi il fallait le faire.

Le programme de la Troïka a donc été accepté sans explication, ce qui a donné l’impression qu’il était imposé de l’extérieur. Si nous avions préparé notre propre plan de réformes, nous aurions pu mieux assumer sa mise en oeuvre.

Les mesures auraient-elles été moins brutales si elles avaient été imaginées par les hommes politiques grecs ?

Peut-être que non. Mais le débat politique aurait été mené sur une base plus saine. Nous aurions pu convaincre les citoyens plus facilement qu’il fallait réformer le pays.

En tant que maire, comment pouvez-vous agir à votre échelle face à la crise ?

Les gens veulent que nous agissions dans des domaines dans lesquels nous n’avons pas de compétences.

Athènes ne forme qu’une partie d’une aire métropolitaine. Et en comparaison avec une grande ville comme Paris, nous n’avons que très peu de pouvoirs.

Par exemple, nous ne contrôlons pas la police. La population souhaite que nous nous attaquions à l’immigration illégale, à la crise économique, alors que ces problèmes sont du ressort de l’État.

Comment expliquez-vous que la Grèce n’ait pas pu mieux profiter des milliards d’euros de fonds européens qui lui ont été alloués depuis son entrée dans l’UE ?

Le système dans son ensemble fonctionne très mal. Première raison, le manque de compétences administratives. Deuxième raison, la corruption. Troisième raison, l’individualisme. Nous sommes très individualistes et n’avons pas réussi, jusqu’alors, à faire preuve d’esprit d’équipe. Les choses vont changer, ce sera difficile, mais nous n’avons pas le choix.