A Bruxelles, Stéphane Le Foll défend la PAC et le programme d’aide aux plus démunis

Ancien député européen, le ministre de l’Agriculture s’est rendu pour la première fois dans la capitale européenne en tant que membre du gouvernement. Il a rencontré le commissaire Dacian Ciolos.

EURACTIV.fr

Ancien député européen, le ministre de l’Agriculture s’est rendu pour la première fois dans la capitale européenne en tant que membre du gouvernement. Il a rencontré le commissaire Dacian Ciolos.

Habitué aux couloirs du Parlement européen où il a siégé pendant près de deux mandatures, Stéphane Le Foll a effectué, mardi 26 juin, sa première visite à Bruxelles en tant que ministre. Lors d’une rencontre avec le commissaire à l’Agriculture Dacian Ciolos, il a notamment abordé l’avenir de l’entreprise Doux. 

Selon une source européenne interrogée par EURACTIV.fr, le ministre a demandé à la Commission de maintenir les aides à l’exportation pour éviter d’aggraver la situation délicate groupe spécialisé dans la volaille. Aucune réponse n’a pas été pour le moment. 

Défendre le budget

La rencontre entre les deux hommes a aussi permis de clarifier les positions du nouveau gouvernement français sur la réforme de la politique agricole commune, même si elle ne diffère que très peu de celle de la précédente administration. 

Lors de la conférence de presse à l’issue de la rencontre, le ministre a insisté sur la nécessité de « défendre » le budget agricole, même si les tumultes actuels de la zone euro empêchent d’avoir une quelconque vision sur le futur budget européen pour la période 2014-2020.  

Stéphane Le Foll a reconnu l’importance du « verdissement » (conditionner l’octroi de certaines aides à la protection de l’environnement) mais estime que la nouvelle PAC doit permettre une souplesse dans son application.

La position de la France sur l’idée de la Commission de placer 7% des terres pour des réserves écologiques (haies, bois, bordures, etc) pourrait évoluer. Paris s’intéresse à la proposition belge de permettre aux exploitants voisins de se regrouper à plusieurs pour arriver à atteindre l’objectif.

Le ministre a souligné que les négociations avaient bien avancé lors de la présidence danoise de l’UE. Il a précisé que la France soutenait le principe de plafonnement des aides à 300 000 euros mais que l’emploi devait être pris en compte dans le calcul final. 

Discuter avec l’Allemagne 

Le ministre a aussi annoncé qu’il rencontrerait prochainement son homologue allemand à Berlin. Il devrait évoquer l’avenir du Programme européen d’aides aux plus démunis (PEAD) qui est censé s’arrêter après 2013. L’Allemagne est le principal pays opposé au maintien de cette politique sociale au plan européen, alors que la France l’a toujours défendu. 

>>> Pour revenir sur ce dossier, lire : « Victoire à la Pyrrhus sur l’aide alimentaire »

Tout comme son prédécesseur Bruno Le Maire, Stéphane Le Foll continuera à défendre le PEAD. Il est prêt à discuter d’une modification du financement du programme, qui pourrait passer sous l’autorité du commissaire en charge des affaires sociales. Selon nos informations, une rencontre entre Dacian Ciolos et le commissaire aux Affaires sociales László Andor a été organisée dernièrement sur ce sujet.    

Le ministre de l’Agriculture a enfin fait savoir qu’il ferait en sorte que la réforme de la libéralisation des droits de plantation des vignes n’entre jamais en application. 

>>> Lire : Contre la libéralisation des vignes, la France gagne encore un allié