A deux ans des élections, cinq nouveaux venus au Parlement européen

A la suite des élections présidentielle et législatives, la délégation française au Parlement compte cinq nouveaux venus. A droite, l’arrivée de Nora Berra a suscité la polémique en interne.

EURACTIV.fr
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A la suite des élections présidentielle et législatives, la délégation française au Parlement compte cinq nouveaux venus. A droite, l’arrivée de Nora Berra a suscité la polémique en interne.

Des élections à Paris, des changements au Parlement européen. La présidentielle et les législatives ont modifié la donne au-delà de l’arrivée à la table du Conseil européen de François Hollande. Certains élus européens devenus ministres ou députés ont été rappelés en France. 

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La dernière session plénière avant les vacances des institutions, qui s’est déroulée à Strasbourg entre le 2 et le 5 juillet, a ainsi été l’occasion pour les délégations de présenter les nouveaux venus, même si certains étaient déjà sur place à la session de juin. A cette occasion, EURACTIV.fr avait interviewé Jean-Jacob Bicep, du groupe Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui a remplacé Pascal Canfin, devenu ministre délégué au Développement.

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La délégation verte compte un deuxième arrivant, Karim Zéribi. Elu sur la liste socialiste en 2009 mais passé à EELV entre temps, il avait déclaré avant les législatives qu’il « n’envisageait pas d’être député européen ». Au Parlement il prend le siège de Vincent Peillon, ministre de l’Education. 

Une défaite électorale plus tard, le voici à Strasbourg. Opposant à la libéralisation des chemins de fer, il souhaite travailler dans le domaine des transports et favoriser le développement économique du port de Marseille. Il n’est toutefois que membre suppléant de la commission transport. 

Récupérer les assistants 

Les changements les plus nombreux sont logiquement intervenus chez les socialistes. Remplaçant d’Estelle Grelier, élue aux législatives, Jean-Louis Cottigny ne fait pas ses premiers pas à Bruxelles. Il a déjà été député européen entre 1997 et 1999 (en remplacement de Bernard Kouchner), et de 2004 à 2009. A l’époque, il travaillait sur les questions sociales. Il s’attaque cette fois au budget, un dossier moins familier. 

Eric Andrieu, qui remplace Kader Arif, ministre aux Anciens combattants, siègera en commission Agriculture. Le nouvel élu va devoir prendre le train en marche de la réforme de la PAC. Ce sujet très technique est actuellement examiné par le Parlement. Elu du Sud-Est, M. Andrieu est un ancien proche de George Frêche et a décidé de conserver en parallèle son poste de conseiller régional. 

Pour Isabelle Thomas, qui remplace Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, la plénière de juillet était l’occasion de découvrir pour la première fois les bâtiments de Strasbourg. Mais elle connaît déjà très bien la machine européenne.

Ancienne vice-présidente de la région Bretagne, elle était chargée de suivre la refonte de la Politique de la pêche actuellement en discussion. « Je me suis rendue à de nombreuses reprises à Bruxelles pour rencontrer des membres de la Commission européenne et nous avons envoyé 180 amendements », explique la nouvelle députée, qui n’exclut pas de se représenter aux élections européennes de 2014. 

Les trois nouveaux membres de la délégation socialiste vont donc tous travailler sur des dossiers-clés pour l’avenir de l’Union européenne. Les plus anciens devront les seconder dans un premier temps pour les aider à maîtriser tous les rouages de la machine européenne. Certains seront également aidés par les assistants parlementaires de leurs prédécesseurs. 

Ambiance tendue 

La délégation UMP voit arriver l’ancienne secrétaire d’État à la santé de Nicolas Sarkozy Nora Berra. Elue en 2009 et partie au gouvernement, elle a voulu récupérer son siège. 

Médecin de formation, Norra Bera souhaite mettre ses compétences dans le domaine de « la dépendance et la santé ». L’élue ne sait pas encore dans quelles commissions parlementaires elle siègera, car son arrivée a été actée seulement le 3 juillet après un bricolage administratif. 

>>> Lire : « Le Parlement européen accepte l’arrivée de Nora Berra »

A l’origine, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy devait prendre la place de Michel Dantin, arrivé à Bruxelles à la faveur de la nomination de Mme Berra au gouvernement. Mais certains membres de la délégation UMP au Parlement s’opposaient au départ de l’ancien membre du cabinet de Michel Barnier, impliqué et influent sur la réforme de la PAC. 

Nora Berra a toujours estimé avoir le droit de récupérer son siège. Un flou juridique persiste pourtant entre la législation française et européenne. Mais le Parlement européen refuse de s’immiscer dans des choix politiques nationaux et laisse faire. 

Le départ de l’eurodéputé Damien Abad, élu à l’Assemblée, a finalement permis de trouver une solution pour permettre à Michel Dantin de conserver son siège. Malgré cela, l’accueil de Mme Berra à Strasbourg a été peu chaleureux et l’ambiance au sein de la délégation reste tendue.