Un pétrolier de la « flotte fantôme » russe intercepté en Méditerranée

Dimanche, la Marine italienne a intercepté le Toa Payoh, un pétrolier opérant sous pavillon camerounais

EURACTIV.com
[Crédit : Ministero della Difesa (Immagini messe a disposizione con licenza CC BY-NC-SA 4.0 DEED)]

Un navire de guerre de la mission navale de l’UE en Méditerranée, l’opération IRINI, a arraisonné dimanche un pétrolier soumis à des sanctions et lié à la « flotte fantôme » russe, dans le cadre d’une opération de vérification menée à l’ouest de l’île italienne de Pantelleria.

Le Thaon di Revel, navire de la Marine italienne et patrouilleur hauturier servant de navire amiral à l’opération IRINI de l’Union européenne, a intercepté le Toa Payoh, un pétrolier opérant sous pavillon camerounais et soumis à des sanctions de l’Union européenne, après son départ du port de Cotonou, au Bénin, le 16 juillet, alors qu’il faisait route vers Istanbul, a indiqué le ministère italien de la Défense.

Les autorités italiennes ont indiqué que le capitaine du navire a dans un premier temps refusé de coopérer. Une équipe d’abordage italienne a alors été déployée par hélicoptère depuis le Thaon di Revel pour procéder à l’inspection.

L’opération, menée avec le soutien d’un navire de guerre grec et d’un avion de patrouille maritime polonais, a duré environ deux heures et s’est déroulée sans incident.

L’Italie a précisé que l’arraisonnement a été mené dans les eaux internationales dans le cadre du mandat de l’opération IRINI de l’UE et conformément à l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui autorise les navires de guerre à vérifier la nationalité d’un navire marchand dans des conditions spécifiques.

Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a félicité le personnel impliqué, qualifiant l’opération de « démonstration concrète de la contribution de l’Italie à la sécurité en Méditerranée et à l’action de l’Union européenne ».

Les autorités italiennes ont indiqué qu’elles analysent actuellement les informations et les documents recueillis lors de l’inspection.

Cette opération intervient alors que l’UE intensifie ses efforts pour lutter contre la « flotte fantôme » russe, composée de pétroliers vieillissants utilisés pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole russe.

Le 22 juillet, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que l’opération IRINI avait déjà procédé à l’arraisonnement d’un autre navire soupçonné d’appartenir à cette flotte fantôme, le MV South Star, afin de vérifier son pavillon, affirmant que « chaque voyage illicite contribue à alimenter la machine de guerre russe ».

(at)