A Paris, la Commission consulte sur sa stratégie numérique

La Commission continue de communiquer sur son agenda numérique, afin d’identifier et de relever ses larges défis avec les acteurs concernés.

EURACTIV.fr

La Commission continue de communiquer sur son agenda numérique, afin d’identifier et de relever ses larges défis avec les acteurs concernés.

Communiquer et échanger avec une large « communauté d’acteurs ». Lundi 28 juin à Paris, la Commission européenne avait convié à un débat associations, secteurs publics, opérateurs et autres spécialistes pour débattre de sa nouvelle stratégie numérique européenne, qui doit se développer à travers des actions communautaires et nationales coordonnées.

Une couverture ambitieuse du réseau en haut débit

Parmi les sujets abordés, le développement des réseaux a fait l’objet de plusieurs interventions.  

L’objectif communautaire de développer une couverture en haut débit rapide à 30 Mbps partout en Europe au plus tard en 2020 inquiète les acteurs, qui craignent de ne pouvoir atteindre ce taux de couverture dans les temps. En janvier 2010, seuls 23% d’abonnements haut débit offraient un débit d’au moins 10 Mbps.

La France privilégie aujourd’hui la fibre optique. « C’est une très bonne nouvelle car il s’agit de la meilleure technologie », a affirmé la Commission. Mais cette technologie s’avère coûteuse et pose la question du financement. D’autant plus que l’Hexagone souhaite développer le très haut débit, avec des réseaux couvrant 70% de la population d’ici 2020 et 100% d’ici 2025.

Cécile Dubarry, chef du service des TIC de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services au ministère de l’Industrie, a insisté sur le plan d’infrastructures français pour rassurer sur ce point. D’une part, les investissements des opérateurs privés en zone très dense doivent être stimulés, par l’attribution d’un label, de prêts et de prises de participation. D’autre part, les projets des collectivités territoriales en zone peu dense où la fibre ne sera pas implantée, seront soutenus par des aides publique couvrant jusqu’à 30% du montant total.

Identifier les interlocuteurs pertinents

A la question des réseaux s’ajoute celle des interlocuteurs, que la Commission a du mal à identifier, face à la diversité des acteurs. Une difficulté partagée par des représentants de la Datar et de la Caisse des dépôts.

A l’échelon local, pas assez intégré, des élus se présentent comme les « polyfracturés du numérique », a jugé le chef du service Investissement et participations numériques de la Caisse des dépôts, Hélidéo Costa-Elias.

Ce malaise est particulièrement perceptible au Groupe d’échanges entre l’ARCEP, les collectivités territoriales et les opérateurs (Graco). L’ autorité de régulation des télécoms s’inscrit, selon M. Costa-Elias, dans une logique « consumériste » avec une moindre préoccupation de l’aménagement du territoire.

Il a pourtant indiqué la prédominance des départements et des collectivités territoriales sur les régions dans ce domaine. Une indication prise en compte par la directrice de la DG de la Société de l’information et des médias de la Commission, Anne Bucher, qui a recommandé l’engagement de davantage de fonds structurels dans la mise en œuvre des TIC.

Accompagner les compétences numériques 

Le développement du numérique soulève également des problèmes d’investissement et d’accompagnement des compétences.

Dans sa stratégie, la Commission indique vouloir « accroître sur les plans qualitatif et quantitatif les compétences en matière de TIC et de commerce en ligne ».

En France, seules 17,2 % des personnes employées disposent en effet de compétences dans les TIC, ce qui place le pays en 20e position dans l’UE, indique une communication de la Commission d’août 2009.

Au centre de tout développement, la question de l’accompagnement doit être pensée, tant le numérique modifie les modes opératoires. Pour le délégué général de la Fondation internet nouvelle génération (FING), Daniel Kaplan, il faut éviter de se focaliser sur une approche purement fonctionnelle des réseaux, qui pourrait entraîner l’accroissement des inégalités face aux TIC.

Un échange multi-niveaux essentiel

Pour conserver un lien entre Europe et États membres, différents groupes de travail ont déjà été mis en place et des plateformes se développent avec les partenaires de l’industrie  : sur la recherche, l’internet des objets ou les nanotechnologies par exemple. Anne Bucher s’est néanmoins dite consciente de la nécessité de ne pas se limiter à des partenariats avec l’industrie européenne mais aussi de « réserver des espaces de créativité ouverts vers les PME et les scientifiques ».

Une représentante de France Telecom lui a enfin rappelé la nécessité de prendre en compte la particularité des projets coopératifs.

CALENDRIER

7 juin au 7 juillet 2010  : Consultation publique en France sur l’action « soutien aux usages, services et contenus numériques innovants »

Ete 2010  : Lancement des premiers appels à projets en France avec séquencement des thématiques

30 septembre 2010 : Fin de la consultation publique de la Commission sur la neutralité du net

Juillet 2011  : Première assemblée numérique annuelle prévue par la Commission