À Paris, Volodymyr Zelensky dresse un parallèle entre le débarquement de Normandie et la lutte contre la Russie

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée nationale à Paris vendredi (7 juin), le président ukrainien Volodymyr Zelensky a établi un parallèle entre les commémorations du 80e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie et la guerre en Ukraine, appelant à l’unité de la communauté internationale.

Euractiv.com
Ukrainian President Zelensky addresses the French National Assembly
« Sans le débarquement en Normandie, l'Ukraine n'existerait pas, la France n'existerait pas et il n'y aurait pas de nations libres », a expliqué le président ukrainien dans un discours prononcé au deuxième jour de sa visite en France. [EPA/YOAN VALAT]

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée nationale à Paris vendredi (7 juin), le président ukrainien Volodymyr Zelensky a établi un parallèle entre les commémorations du 80e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie et la guerre en Ukraine, appelant à l’unité de la communauté internationale.

« Sans le débarquement en Normandie, l’Ukraine n’existerait pas, la France n’existerait pas et il n’y aurait pas de nations libres », a expliqué le président ukrainien, au deuxième jour de sa visite en France.

La veille, il avait assisté aux commémorations du débarquement des Alliés et devait s’entretenir avec des dirigeants du monde entier sur la situation en Ukraine, notamment avec le président américain Joe Biden.

De la mobilisation internationale en 1944 est né l’espoir que « personne ne puisse se proclamer maître des autres », a déclaré Volodymyr Zelensky, avertissant que « le nazisme était de retour » avec la Russie.

« Le régime russe ne connaît pas de limites et l’Europe ne lui suffira pas. Il a déjà détruit la Syrie, il menace la région du Sahel et la vie en générale, là où il ne rencontre aucune opposition. »

Ce discours intervient alors qu’Emmanuel Macron a annoncé que la France livrerait des avions de combat Mirage 2000-5 à l’Ukraine et formerait des pilotes ces six prochains mois.

« Nous allons entamer une nouvelle coopération et annoncer la livraison de Mirage 2000-5 […], permettant à l’Ukraine de protéger son territoire et son espace aérien. Dès demain, nous commencerons un programme de formation pour les pilotes [ukrainiens] », a déclaré le président de la République lors d’une allocution télévisée.

En réponse, Volodymyr Zelensky a expliqué qu’il espérait « voir des avions de combat comme ceux que nous avons vus en Normandie [lors des commémorations] dans le ciel ukrainien ». Une fois formés, les pilotes ukrainiens « prouveront que l’Europe est plus forte que le mal qui a osé la menacer ».

Les Mirage 2000-5, construits par Dassault Aviation, sont les avions de combat les plus anciens encore utilisés par l’armée française. La livraison de ces appareils, longtemps jugée trop complexe à mettre en œuvre, vient s’ajouter aux armes envoyées par la France depuis l’invasion de février 2022, comme les canons Caesar ou les missiles à longue portée Scalp.

Volodymyr Zelensky, qui s’exprimait devant une Assemblée nationale à moitié vide, et alors que de nombreux députés sont en encore en campagne pour les Européennes, a également insisté sur la nécessité d’une unité internationale, alors que les forces du Kremlin pilonnent les grandes villes ukrainiennes depuis le territoire russe.

« Nous avons besoin d’une unité mondiale pour gagner », a-t-il déclaré, qualifiant le Kremlin d’« anti-Europe » et d’« ennemi commun ».

Enfin, il a exclu toute négociation de paix, à ce stade.

« Devons-nous nous arrêter [et négocier] sur les lignes de front existantes ? Non, car il n’y a pas de lignes acceptables pour le mal. Si quelqu’un tente de tracer de nouvelles frontières provisoires, cela ne conduira qu’à une pause avant une nouvelle guerre », a déclaré le président ukrainien.

Quelques minutes après les remarques finales de Volodymyr Zelensky, le dirigeant communiste Fabien Roussel a appelé à l’organisation d’un débat à l’Assemblée nationale, pour « avoir tous les éléments sur l’engagement militaire de la France », craignant le déclenchement d’« une troisième guerre mondiale ».

Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national (RN) pour les élections européennes, a affirmé qu’Emmanuel Macron cherchait « à instrumentaliser le conflit à quelques heures de la fin de la campagne ».

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté expliqué sur la chaîne Telegram de l’agence de presse russe Ria Novosti, que les nouvelles annonces d’Emmanuel Macron signifiaient que la France était « prête à s’impliquer directement dans le conflit ».