À Varsovie, les ministres de l’Intérieur discutent d’une proposition allemande pour le traitement des demandes d’asile
Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) ont discuté jeudi en Pologne de l’immigration et de la sécurité, et notamment d’une nouvelle proposition allemande visant à renforcer les règles relatives au traitement des demandes d’asile par les États membres.
VARSOVIE/BERLIN — Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) ont discuté jeudi en Pologne de l’immigration et de la sécurité, et notamment d’une nouvelle proposition allemande visant à renforcer les règles relatives au traitement des demandes d’asile par les États membres.
Le règlement Dublin III de l’UE attribue la responsabilité du traitement des demandes d’asile au premier État membre de l’UE où un demandeur d’asile arrive, mais l’Allemagne affirme depuis un certain temps que cela ne fonctionne pas, en particulier dans les États membres comme l’Italie et la Grèce.
Des sources du gouvernement allemand ont déclaré à Euractiv que la proposition visait à supprimer les « obstacles pratiques » aux transferts des demandeurs d’asile de l’Allemagne vers les États membres de l’UE responsables de leurs demandes.
Lors d’une conférence de presse à la suite de la réunion de Varsovie, le ministre polonais de l’Intérieur, Tomasz Siemoniak, a déclaré que l’Allemagne avait présenté une nouvelle proposition sur la question, mais a refusé de donner des détails.
Droit et pratique
En mai, l’UE a finalisé le remplacement juridique du règlement Dublin III, le règlement relatif à la gestion de l’asile et de la migration, dans le cadre d’une révision massive de ses lois sur l’immigration et l’asile.
Mais les nouvelles lois n’entreront en vigueur qu’en 2026, et certains États membres — en particulier l’Allemagne — veulent s’assurer qu’elles seront mises en pratique correctement.
Selon des sources berlinoises, la ministre de l’Intérieur du pays, Nancy Faeser, a expliqué lors de la réunion à huis clos à Varsovie qu’il fallait « davantage de précisions » pour garantir le bon fonctionnement du nouveau règlement.
L’Allemagne souhaite des « délais uniformes et appropriés » pour les transferts et veut s’assurer que les transferts terrestres, maritimes et aériens sont tous possibles.
Elle souhaite également que rien n’empêche les demandeurs d’asile de se rendre volontairement dans l’État membre de l’UE responsable de leur demande et qu’ils puissent organiser eux-mêmes leur voyage.
Une Europe préparée
Outre la question de l’immigration, les ministres ont également discuté des moyens de préparer les citoyens européens à faire face à un large éventail de menaces, allant des invasions aux catastrophes naturelles. Les discussions se sont inspirées d’un rapport rédigé en 2024 par l’ancien président finlandais, Sauli Niinistö.
Ce document suggérait, entre autres, de veiller à ce que les citoyens soient en mesure de vivre en autarcie pendant 72 heures en cas de crise.
Le gouvernement néerlandais a adopté un tel plan à la fin de l’année dernière, mais, pour l’instant, le délai est de 48 heures. « C’est très simple : il faut se préparer à un monde sans électricité », a justifié David van Weel, ministre néerlandais de la Sécurité.
« Comment allez-vous vous réchauffer ? Disposez-vous de batteries pour votre téléphone qui vous permettront de tenir le coup ? Avez-vous de la nourriture pour 48 heures ? » Cela inclut la nourriture que vous pouvez manger sans avoir les moyens de cuisiner, a-t-il ajouté.
Selon lui, de nombreux Néerlandais se sont montrés réceptifs. « Il y a aussi des gens qui restent cyniques, donc nous avons encore du travail à faire, mais je pense que, petit à petit, les gens se rendent compte que c’est une chose sensée à faire. »