Accord UE-Mercosur : le « non » autrichien suscite de plus en plus de critiques
La pression exercée sur le chancelier autrichien Karl Nehmanner pour qu’il ratifie l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur s’intensifie, l’industrie et une partie de son propre parti l’ayant exhorté à lever son veto.
La pression exercée sur le chancelier autrichien Karl Nehammer pour qu’il ratifie l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur s’intensifie, l’industrie et une partie de son propre parti l’ayant exhorté à lever son veto.
Alors que les dirigeants des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) se sont réunis à Bruxelles lundi (17 juillet) pour rencontrer leurs homologues de l’UE, M. Nehammer a réitéré son opposition à l’accord commercial avec le bloc des États du Mercosur, au grand dam de l’industrie et de l’aile économique de son parti.
« Notre position reste inchangée », a-t-il déclaré aux journalistes avant le sommet, ajoutant que même au sein de l’UE, il y aurait encore d’« intenses discussions ».
Toutefois, le parti de M. Nehammer, le Parti populaire autrichien (ÖVP) de centre droit, semble divisé sur la question, certains de ses membres exhortant le gouvernement à ratifier l’accord.
« En tant que représentants de l’économie au sein du Parti populaire autrichien, nous ferons tout notre possible pour obtenir la ratification de la part de l’Autriche », a affirmé Peter Haubner, député de l’ÖVP et porte-parole pour l’économie, à EURACTIV lundi.
« La conclusion de l’accord commercial diversifie et sécurise les chaînes d’approvisionnement ainsi que les matières premières stratégiques, et permet également de faire progresser la protection du climat chez nous », a ajouté M. Haubner.
La pression de l’industrie pour ratifier l’accord avec le Mercosur augmente également, car l’Autriche serait « de plus en plus isolée dans son attitude de blocus indifférencié au sein de l’Union européenne », a déclaré le président de la Fédération des industries autrichiennes (IV), Georg Knill, dans un communiqué.
Par ailleurs, la Chambre de commerce autrichienne (WKÖ), dont le président est également le président de l’Association économique de l’ÖVP, s’est clairement prononcée en faveur de l’accord commercial.
Toutefois, l’Union des agriculteurs autrichiens, qui est considérée comme la sous-organisation la plus puissante de l’ÖVP, reste fortement opposée à l’accord, le ministre de l’Agriculture Norbert Totschnig étant le critique le plus éminent de l’accord de libre-échange.
« L’accord du Mercosur mettrait la pression sur nos agriculteurs familiaux et, par extension, sur la sécurité de l’approvisionnement européen », a indiqué M. Totschnig au Kurier en avril.
L’UE et les pays du Mercosur sont déjà parvenus à un consensus politique sur l’accord en 2019, et n’attendent plus que la ratification des deux parties.
Par conséquent, à moins que l’ensemble de l’accord ne soit renégocié, le consensus lui-même ne peut plus être modifié. M. Totschnig s’est toutefois engagé à n’accepter rien d’autre qu’une renégociation pour modifier sa position.
En outre, le gouvernement est lié par un vote parlementaire de 2019 au cours duquel l’accord nouvellement conclu a été rejeté.