Acier : les États-Unis prolongent à leur tour la suspension des droits de douanes
Les États-Unis ont à leur tour annoncé jeudi (28 décembre) la prolongation de la suspension des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium européens, mis en place en 2018 par l’ancien président Donald Trump, une dizaine de jours après une annonce similaire côté européen.
Le décret de la Maison-Blanche a été signé par le président Joe Biden et doit entrer en vigueur le 1er janvier 2024, alors que la suspension devait initialement s’achever le 31 décembre 2023.
Cette suspension sera effective jusqu’au 31 décembre 2025, soit au-delà de la période annoncée par l’Union européenne, qui avait de son côté annoncé une suspension des taxes sur les produits américains, qui avaient été décidées en représailles, jusqu’au 31 mars 2025.
« En agissant ainsi, le président s’assure que nous continuions à disposer d’industries de l’acier et l’aluminium dynamiques aux États-Unis, qui sont nécessaires à la sauvegarde de notre sécurité nationale », a déclaré dans un communiqué la secrétaire américaine au Commerce, Gina Raimondo.
Selon la représentante de la Maison-Blanche pour le Commerce, Katherine Tai, cette décision, « combinée avec la suspension des taxes sur les produits américains décidée par l’UE va permettre de disposer de temps supplémentaire pour trouver un accord global répondant aux questions d’émission de carbone et de surproduction des industries de l’acier et de l’aluminium ».
Les deux parties tentaient depuis des mois de trouver un accord permettant d’éliminer ces 232 droits de douane décidés en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et finalement suspendus en 2021 sous l’administration Biden.
Un sommet entre l’UE et les États-Unis organisé en octobre n’avait pas permis de parvenir à un accord, mais les deux blocs disposent désormais du « temps nécessaire » pour y parvenir, selon la Commission européenne.
La prolongation jusqu’en 2025 permet par ailleurs aux deux parties d’aller au-delà d’une année 2024 politiquement chargée, entre les élections européennes, début juin, puis les élections générales américaines en novembre.
Contexte américain
Certains craignent toutefois un revirement de situation outre-Atlantique si Donald Trump, qui devrait probablement affronter Joe Biden lors des élections présidentielles du 5 novembre 2024, accédait à nouveau au pouvoir.
En effet, le milliardaire américain et ex-président du pays, bien placé dans les sondages, est susceptible d’adopter à nouveau un positionnement isolationniste en matière de politique commerciale s’il devait être réélu.
En outre, l’industrie sidérurgique américaine est concentrée dans des États clés (les « swing states ») pour la politique américaine, qui constituent un électorat important et peuvent déterminer l’issue des élections. Les discussions sur les droits de douane pourraient donc devenir un véritable enjeu électoral.
Cependant, un coup dur avait été porté à Donald Trump la semaine dernière, puisque la Cour suprême du Colorado avait jugé qu’il était inéligible à la présidence en raison de son rôle dans l’assaut du Capitole en 2021, ce qui signifie que les électeurs de cet État ne pourront pas voter pour lui.
Jeudi, un second État, le Maine, l’a déclaré « inapte à la fonction » pour les mêmes raisons.
Dans les deux cas, le républicain a immédiatement contesté ces décision et déclaré qu’il introduirait un recours en justice.
Au Michigan et au Minnesota, des tentatives similaires visant à empêcher à l’ex-président de figurer sur les listes ont été rejetées.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]