Acier : l’UE veut s’associer à Washington pour mettre en place des mesures de protection « très fortes », selon Maroš Šefčovič

Bruxelles souhaite élargir l’accord commercial conclu avec les États-Unis afin de mettre en place, dès octobre, des mesures de protection concernant les importations d’acier. C’est ce qu’a déclaré le commissaire européen Maroš Šefčovič lors d’un entretien accordé à Euractiv.

/ EURACTIV.com
European Foreign Affairs Council
European Commissioner for Trade Maros Sefcovic gives a press conference at the end of the European Foreign Affairs Council in Brussels, Belgium, on July 14, 2025. European Union trade ministers discuss EU-U.S. relations and tariffs. (Photo by Jonathan Raa/NurPhoto via Getty Images)

« Nous allons adopter d’ici la mi-octobre une mesure de protection commerciale très forte », a annoncé Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique. Et d’ajouter que l’UE et les États-Unis étaient confrontés au même défi, à savoir la « surcapacité mondiale ».

La Chine représente plus de la moitié de la production mondiale d’acier, et la part de l’UE a considérablement diminué au cours de la dernière décennie.

Interrogé pour savoir si la Chine était la principale cible des nouvelles mesures, il a répondu qu’elle n’était « pas la seule ».

« Nous examinerons simplement l’ensemble des importations provenant du marché européen », a-t-il expliqué.

Les mesures de sauvegarde de l’UE sur l’acier, initialement prises pendant le premier mandat de Donald Trump, expireront l’année prochaine.

Après son retour à la Maison-Blanche cette année, le président amérin a imposé des droits de douane de 50 % sur la plupart des aciers étrangers, y compris européens. Il ne les a pas supprimés dans l’accord commercial qu’il a conclu avec la Commission en juillet.

Toutefois, l’accord comprend un engagement des deux parties à « renforcer l’alignement en matière de sécurité économique », ce qui est largement interprété comme signifiant lutter contre les pratiques commerciales déloyales de Pékin.

Les droits de douane américains sur l’acier ont alarmé l’industrie sidérurgique européenne, qui connaît depuis longtemps des difficultés et craint que des exportations chinoises d’acier encore moins chères ne soient redirigées des États-Unis vers l’Europe.

« Nous avons perdu 60 millions de tonnes de notre capacité de production depuis 2008 », a déclaré le commissaire slovaque. « Nous sommes la seule région au monde où la production est en baisse », a-t-il ajouté.

La part de l’UE dans la production mondiale d’acier est passée de 9,4 % à 6,9 % depuis 2014, selon les données de la World Steel Association.

Maroš Šefčovič a également fait savoir que l’UE envisageait de mettre en place des « dispositifs de traçabilité très efficaces » afin d’empêcher les exportateurs de masquer la véritable origine des produits.

Le commissaire cherche également à conclure un accord de libre-échange avec l’Inde, autre grand exportateur d’acier, d’ici la fin de l’année.

Sofia Sánchez Manzanaro et Nikolaus J. Kurmayer ont contribué à la rédaction de cet article.

(asg)