Adhésion à l’OTAN : la Suède et la Finlande progressent sur des voies différentes

Alors que la Suède continue d’attendre la prochaine étape de son processus de candidature à l’OTAN et qu’aucune nouvelle réunion avec la Hongrie ou la Turquie n’est prévue, la Finlande poursuit sa démarche d’adhésion à l’Alliance.

Euractiv.com
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Même si le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a promis que l’adhésion de la Suède était désormais une « priorité absolue » pour l’Alliance, il semble impossible de faire changer d’avis le gouvernement turc. [Shutterstock/Vitalii Vodolazskyi]

Alors que la Suède continue d’attendre la prochaine étape de son processus de candidature à l’OTAN et qu’aucune nouvelle réunion avec la Hongrie ou la Turquie n’est prévue, la Finlande poursuit sa démarche d’adhésion à l’Alliance.

La Suède et la Finlande ont déposé simultanément leur demande d’adhésion à l’OTAN le 18 mai 2022, mais attendent toujours les ratifications de la Hongrie et de la Turquie. Budapest a promis de ratifier les demandes d’adhésion d’ici la fin du mois de mars, tandis que la Turquie s’est seulement engagée à ratifier celle de la Finlande, probablement avant la fermeture du parlement turc le 7 avril, en prévision des élections prévues à la mi-mai.

Même si le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a promis que l’adhésion de la Suède était désormais une « priorité absolue » pour l’Alliance, il semble impossible de faire changer d’avis le gouvernement turc.

En cause, le refus des autorités suédoises d’extrader des membres de l’opposition turque, principalement kurdes, réfugiés sur son territoire, mais aussi les Corans brûlés par un militant d’extrême droite.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a également déclaré en février qu’il n’accepterait pas la demande de la Suède si Stockholm n’interdisait pas les incendies de Corans, ce que le gouvernement suédois a refusé de faire jusqu’à présent.

« Nous restons là où nous sommes », a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billström, lundi (20 mars), avant une réunion à Bruxelles.

M. Billström et son homologue turc Mevlüt Cavusoglu étaient tous deux présents à Bruxelles pour la journée, mais aucune réunion individuelle n’a eu lieu pour discuter de l’adhésion à l’OTAN de la Suède.

« Nous connaissons nos positions respectives et elles restent inchangées. Nous ne voyons donc pas la nécessité de poursuivre les discussions », a déclaré M. Billström.

Aucune réunion supplémentaire n’est non plus prévue avec la Hongrie pour clarifier la situation concernant la ratification par Budapest de l’adhésion de la Suède et de la Finlande.

« Tant que nous n’avons rien entendu d’autre, nous partons du principe que nous serons ratifiés. Nous pensons qu’il s’agit d’une hypothèse raisonnable », a ajouté M. Billström.

Jeudi dernier encore, on pensait que la Hongrie ratifierait les candidatures nordiques le même jour — le 31 mars — mais, vendredi, le chef du Fidesz, le parti au pouvoir, a écrit que l’approbation de la candidature finlandaise aurait lieu plus tôt, le 27 mars.

Alors que la Suède piétine, l’homologue finlandais de M. Billström, Pekka Haavisto, et le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, se sont rendus au siège de l’OTAN lundi pour une réunion extraordinaire avec M. Stoltenberg.

La réunion a eu lieu après que la promesse faite par la Turquie vendredi de ratifier l’adhésion de la Finlande.

« Notre adhésion ne sera pas complète tant que la Suède ne sera pas également membre. Nous partageons le même environnement de sécurité, nous partageons la mer Baltique et il est très important que la Suède devienne également membre », a déclaré le ministre finlandais des Affaires étrangères.

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