Adhésion à l’UE : la Bosnie-Herzégovine pourrait devenir candidate en décembre
Lundi, le commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement, Oliver Varhelyi, a indiqué qu’il était optimiste quant à l’octroi du statut de candidat pour la Bosnie-Herzégovine le mois prochain si le pays remplit les conditions récemment définies par la Commission européenne.
Lundi (28 novembre), le commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement, Oliver Varhelyi, a indiqué qu’il était optimiste quant à l’octroi du statut de candidat pour la Bosnie-Herzégovine le mois prochain si le pays remplit les conditions récemment définies par la Commission européenne.
À la suite des discussions avec la présidence tripartite de la Bosnie à Sarajevo, M. Varhelyi a indiqué que la Commission « souhaite obtenir des résultats clairs afin de pouvoir en informer le Conseil de l’UE qui se réunira en décembre ».
En octobre, la Commission européenne a recommandé l’octroi du statut de candidat à la Bosnie-Herzégovine et a présenté à cette occasion une liste de huit conditions à remplir qui contribueraient à renforcer la démocratie dans le pays. Les dirigeants de l’UE devraient prendre une décision lors de leur sommet régulier à la mi-décembre, après un sommet crucial entre l’UE et les Balkans occidentaux qui se tiendra à Tirana le 6 décembre.
Les conditions sont principalement liées aux 14 priorités présentées en 2019 par l’exécutif européen dans son avis sur la capacité de la Bosnie-Herzégovine à devenir un pays candidat.
À Sarajevo, M. Varhelyi a réitéré que la Bosnie-Herzégovine doit d’abord satisfaire aux conditions établies pour qu’une décision soit prise en décembre.
Ces conditions sont liées, entre autres, à la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, aux réformes judiciaires et en matière d’immigration, ainsi qu’aux garanties de la liberté d’expression et à la protection des journalistes.
Le pays est divisé en deux entités fédérales : la Republika Srpska (RS) serbe et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), composée principalement de Bosniaques et Croates.
Les trois principaux groupes ethniques du pays, les Bosniaques, les Croates et les Serbes sont de moins en moins unis, et la diminution du soutien de l’UE est attribuée en partie à l’absence de décision quant à l’octroi du statut de candidat. Par exemple, aucun des partis ou des responsables politiques qui se sont présentés aux dernières élections législatives n’a mentionné l’adhésion à l’UE comme objectif ou même comme élément central de leur programme électoral.
Par ailleurs, dans le pays, on attend toujours la création des chambres et la formation des gouvernements.
La décision d’accorder le statut de candidat à l’adhésion à un pays revient aux États membres de l’UE et doit être prise à l’unanimité.
Plusieurs États membres du bloc, notamment l’Autriche, la Croatie et la Slovénie, ont exercé des pressions pour accélérer le processus d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine après que l’Ukraine et la Moldavie se sont vues accorder le statut de candidat en juin.
Les principaux opposants à l’adhésion sont la France et les Pays-Bas. L’Allemagne partage également leur position sur la question.
Les trois pays considèrent que l’octroi du statut de candidat n’est pas mérité puisque les autorités sortantes de Bosnie-Herzégovine ont fait très peu pour faire avancer le pays vers une adhésion à l’UE.
Ils souhaitent également connaître le bilan définitif des élections législatives controversées du 2 octobre et voir un gouvernement opérationnel en place avant de se prononcer en faveur de la candidature du pays à l’adhésion à l’UE.
« La voie européenne est ouverte, mais on exige des résultats. Les dirigeants politiques doivent faire en sorte que la Bosnie-Herzégovine et ses citoyens puissent prendre cette voie », a indiqué M. Varhelyi lors d’une conférence de presse après une réunion avec les nouveaux membres de la présidence tripartite du pays, Denis Bećirović, Zeljko Komsic et Željka Cvijaović.
« La guerre en Ukraine marque une nouvelle phase géopolitique. Il est donc dans notre intérêt de renforcer nos partenariats », a-t-il poursuivi.
Mme Cvijaović, qui occupe le siège serbe à la présidence de la Bosnie-Herzégovine, a déclaré qu’elle s’engageait à travailler « sur les questions sur lesquelles nous pouvons travailler ».
« Notre statut de pays candidat représenterait un encouragement pour tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine », a indiqué M. Bećirović, le membre bosniaque de la présidence, qui a ajouté que la rencontre avec M. Varhelyi était « encourageante et importante ».
Željko Komšić, le membre croate de la présidence, n’a pour sa part pas assisté à la conférence de presse.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]