Afghanistan : l’UE menace les talibans d’« isolement » s’ils prennent le pouvoir par la force

L’UE a menacé jeudi (12 août) les talibans d’un « isolement » international s’ils s’emparaient du pouvoir « par la force » en Afghanistan, les appelant à reprendre des discussions « substantielles » avec Kaboul et réclamant l’arrêt immédiat des violences.

EURACTIV France avec AFP
Taliban took control of Ghazni in latest siege
Les talibans se sont emparés jeudi de la troisième ville du pays, Hérat. Il s’agit d’une étape majeure de leur avancée après la prise de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, qui les a rapprochés dangereusement de la capitale afghane. [EPA-EFE/ZIKRULLAH RASOOLI]

L’Union européenne a menacé jeudi (12 août) les talibans d’un « isolement » international s’ils s’emparaient du pouvoir « par la force » en Afghanistan, les appelant à reprendre des discussions « substantielles » avec Kaboul et réclamant l’arrêt immédiat des violences.

« S’ils prennent le pouvoir par la force et rétablissent un émirat islamique, les talibans ne seront pas reconnus (diplomatiquement), ils subiront l’isolement, un manque de soutien international et la perspective d’un conflit continu et d’une instabilité prolongée en Afghanistan », a prévenu Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, dans un communiqué.

Les talibans se sont emparés jeudi de la troisième ville du pays, Hérat, dans une vaste offensive dans la foulée du départ après deux décennies des troupes étrangères dirigées par les États-Unis.

Il s’agit d’une étape majeure de leur avancée après la prise de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, qui les a rapprochés dangereusement de la capitale afghane. Le gouvernement a désormais perdu le contrôle de la plupart des territoires du nord, du sud et de l’ouest du pays.

« L’UE appelle les talibans à reprendre des discussions substantielles, régulières et structurées (avec le gouvernement), et réclame l’arrêt immédiat des violences ainsi qu’un cessez-le-feu complet et permanent », insiste Josep Borrell dans sa déclaration.

« Ces attaques continues provoquent des souffrances inacceptables pour les citoyens afghans, et ne font qu’accroître le nombre de personnes déplacées au sein du pays et de personnes fuyant l’Afghanistan en quête de sécurité », a-t-il souligné.

Dans ce contexte, Bruxelles « encourage » le gouvernement afghan à « résoudre les différends politiques » pour engager un dialogue avec les talibans « dans une perspective unie ».

L’UE « entend continuer son partenariat et son soutien au peuple afghan », mais son assistance restera « conditionnée à un règlement pacifique et inclusif (du conflit) et au respect des droits fondamentaux de tous les Afghans, y compris les femmes, les jeunes et les minorités », insiste la déclaration de M. Borrell.