Andrius Kubilius propose des options de financement controversées pour stimuler la défense de l'UE
Le commissaire désigné à la Défense, Andrius Kubilius, a suggéré des méthodes de financement controversées, telles que les euro-obligations et les fonds de relance, pour stimuler l’industrie de la défense de l’Union européenne.
Le commissaire désigné à la Défense, Andrius Kubilius, a suggéré des méthodes de financement controversées, telles que les euro-obligations et les fonds de relance, pour stimuler l’industrie de la défense de l’Union européenne (UE), alors que le débat sur le financement du secteur ne cesse de croître.
Le 17 septembre, Andrius Kubilius a expliqué qu’il serait à l’avenir essentiel d’utiliser de nouveaux mécanismes financiers pour assurer la montée en puissance de l’industrie de la défense européenne, afin de compléter le budget de l’UE.
Lors de sa première intervention publique devant des journalistes, après sa nomination en tant que commissaire désigné à la Défense, le Lituanien a proposé des moyens controversés pour financer un potentiel emprunt commun pour développer l’industrie de la défense de l’UE. Parmi ces méthodes, des euro-obligations et des modifications de la politique de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI), mais aussi le Mécanisme européen de stabilité (MES) et les fonds de relance post-pandémie non dépensés.
« Les possibilités théoriques que nous devrions considérer, bien sûr, sont les obligations de défense, [et] l’utilisation du Mécanisme européen de stabilité pour accéder à des emprunts moins chers par les États membres », a déclaré Andrius Kubilius.
Enrico Letta avait initialement évoqué l’idée des obligations de défense dans son rapport sur l’amélioration du marché unique de l’UE.
Le commissaire lituanien, désigné pour diriger la politique de défense de l’UE pour les cinq prochaines années, a également suggéré de puiser dans les 94 milliards d’euros de « ressources non dépensées de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) », et ce malgré la nécessité d’amendements juridiques pour accéder au fonds de relance post-pandémie de l’UE après la date limite.
Par ailleurs, « des discussions sont en cours avec la BEI sur la manière de modifier son mandat », a-t-il ajouté. Au mois de mai, la BEI a modifié sa politique de prêt pour les projets à double usage — ceux qui ont des applications à la fois civiles et militaires — afin de financer davantage d’industries de défense.
La Commission et sa présidente, Ursula von der Leyen, ont cherché des solutions pour augmenter le flux de liquidités dans les industries de défense au cours des derniers mois, mais sans grand succès.
Parallèlement, les entreprises de défense restent réticentes à s’engager dans une augmentation à grande échelle de la production d’armes et d’autres produits de défense sans une aide financière claire de la part de l’UE ou des gouvernements nationaux.
Les divergences de vues entre les gouvernements européens compliquent également la situation. Les pays les plus frugaux, avec à leur tête l’Allemagne et les Pays-Bas, ont protesté contre un nouvel emprunt commun au niveau de l’UE. Les efforts de la France pour retirer les investissements dans la défense de la liste d’exclusion de la BEI se heurtent également à une certaine résistance.
Les autres options énumérées par le commissaire nommé à la Défense doivent encore être présentées aux États membres, et le montant exact nécessaire au financement reste indéterminé.
Ursula von der Leyen a estimé que les Européens devront investir 500 milliards d’euros dans la défense au cours de la prochaine décennie, un chiffre avec lequel Andrius Kubilius s’est dit « tout à fait d’accord ».
« Nous ne pouvons pas attendre que le prochain [budget septennal de l’UE] soit opérationnel, ce qui ne se produira qu’en 2028 », a expliqué le Lituanien. Selon lui, les Européens doivent trouver d’autres moyens de financer la montée en puissance de l’industrie de la défense que les contributions nationales au budget de l’UE.
[Édité par Sarah N’tsia et Anna Martino]