Après Standard & Poor’s, Moody’s abaisse la note de l’Italie
L’agence de notation a abaissé de trois crans la note du pays. Elle estime que les risques de financement sont importants étant donné son niveau élevé d’endettement public.
L’agence de notation a abaissé de trois crans la note du pays. Elle estime que les risques de financement sont importants étant donné son niveau élevé d’endettement public.
L’Italie est désormais dans l’œil du cyclone. Après Standard & Poor’s, Moody’s a décidé à son tour, mardi 4 octobre, d’abaisser la note des obligations d’État italiennes de Aa2 à A2, soit une gradation plus basse que celle de l’Estonie.
« L’environnement incertain des marchés et le risque d’une nouvelle détérioration du moral des investisseurs pourrait restreindre l’accès du pays aux marchés de la dette publique », explique Moody’s dans un communiqué.
L’agence maintient une perspective négative sur cette note, reflétant les risques économiques et financiers en Italie et dans la zone euro. Ce qui veut dire que de nouvelles baisses sont envisageables.
Risques de financement
Les craintes de contagion de la crise grecque à d’autres pays de la zone euro semblent donc se matérialiser, même si Moody’s estime qu’un défaut de Rome représente une probabilité « lointaine ».
Elle justifie l’abaissement de sa note par les risques de financement en hausse pour des pays ayant un niveau d’endettement élevé, comme l’Italie.
Les risques à la baisse sur la croissance résultant de problèmes structurels (une faible productivité et un marché du travail peu flexible) sont une autre source de fragilité, estime l’agence. Elle s’inquiète de la capacité du gouvernement Berlusconi à atteindre ses objectifs de réduction du déficit dans ces conditions.
Pas une surprise
La décision de Moody’s n’est pas une surprise. L’agence avait prévenu, le 17 septembre, qu’elle pourrait déclasser la note italienne après examen de ses finances publiques.
Depuis trois mois, le pays emprunte à des taux toujours plus élevés. Mais moins importants, toutefois, que si la Banque centrale européenne n’était pas intervenue à plusieurs reprises pour acheter des obligations italiennes sur les marchés secondaires.
Soutien aux banques
Au même moment, Bruxelles envisage de porter secours aux banques européennes. Alors que la banque franco-belge Dexia est menacée de démantèlement et que les négociations se compliquent entre la Troïka et Athènes, pour obtenir un déblocage de la sixième tranche d’aide.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a confié au Financial Times (lien payant), mercredi, qu’un plan de soutien aux banques avait été discuté.