Autriche : le chancelier intérimaire à Bruxelles pour rassurer l’UE

Alexander Schallenberg, chancelier autrichien par interim, devrait se rendre à Bruxelles le 13 janvier afin de rassurer les responsables de la Commission européenne sur le possible virage à l’extrême droite de son pays.

EURACTIV.com
German Foreign Minister Holds Meeting With Austrian Counterpart In Berlin
À Bruxelles, Alexander Schallenberg devrait rencontrer la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, le président du Conseil européen, Antonio Costa, ainsi que la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas. Il devrait également s’entretenir par téléphone avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui souffre actuellement d’une pneumonie. [Hannibal Hanschke-Pool/Getty Images]

BRUXELLES — Alexander Schallenberg, chancelier autrichien par interim, devrait se rendre à Bruxelles le 13 janvier afin de rassurer les responsables de la Commission européenne sur le possible virage à l’extrême droite de son pays.

La tâche s’annonce ardue, et l’optimisme du chancelier intérimaire semble davantage fondé sur l’espoir que sur la réalité.

Le Parti de la liberté (FPÖ, Patriotes pour l’Europe) d’extrême droite — fondé par un ancien membre du cabinet d’Adolf Hitler et d’autres nazis — est actuellement en pourparlers avec le Parti populaire autrichien (ÖVP, Parti populaire européen) dont est issu Alexander Schallenberg, pour former le prochain gouvernement, qui sera donc probablement dirigé par l’extrême droite.

« Mon message est très clair : l’Autriche est et restera un partenaire fiable, constructif et fort dans l’UE et dans le monde », a toutefois indiqué le chancelier intérimaire dans une déclaration écrite. « C’était vrai pour les gouvernements précédents, c’est vrai pour ce gouvernement et cela devrait rester le cas pour le prochain gouvernement ».

Pourtant, même Alexander Schallenberg, qui a longtemps été ministre des Affaires étrangères et qui a démissionné la semaine dernière pour devenir chancelier par intérim, refuse de faire partie d’un gouvernement dirigé par Herbert Kickl, le chef de file du FPÖ.

Personnage controversé avec un long passé de commentaires racistes, Herbert Kickl a basé sa campagne sur sa promesse d’être un « Volkskanzler » (« chancelier du peuple »), un surnom utilisé par les nazis pour désigner Adolf Hitler.

La nomination d’Alexander Schallenberg fait suite à la démission surprise de son prédécesseur, Karl Nehammer, dont le parti de centre droit, l’ÖVP, n’a pas réussi à former un gouvernement avec le Parti social-démocrate (SPÖ, Socialistes et Démocrates européens) et les libéraux de NEOS (Renew Europe), qui se sont retirés des négociations.

L’ancien ministre des Affaires étrangères a pour rôle d’assurer la continuité des affaires officielles jusqu’à ce qu’une nouvelle coalition soit formée.

À Bruxelles, Alexander Schallenberg devrait rencontrer la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, le président du Conseil européen, Antonio Costa, ainsi que la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas. Il devrait également s’entretenir par téléphone avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui travaille depuis chez elle à cause d’une pneumonie.

Cependant, les politiques de l’Autriche en ce qui concerne l’Europe ne dépendront plus de lui, mais d’Herbert Kickl. En effet, des discussions exploratoires entre le FPÖ et l’ÖVP pour la formation d’un gouvernement ont débuté vendredi.

Les responsables autrichiens se sont voulus rassurants, insistant sur le fait que ce sera la lettre du futur accord de coalition, s’il est conclu, qui influencera la position de Vienne vis-à-vis de Bruxelles, et non Herbert Kickl.

Ils ont également souligné que l’ÖVP avait conditionné ses pourparlers avec le FPÖ à un engagement à maintenir l’Autriche sur la même longueur d’onde que l’UE.

Mais l’ÖVP promettait aussi, jusqu’au 5 janvier, qu’il n’envisageait pas de coalition avec Herbert Kickl. Si cet engagement s’inscrit dans la lignée du précédent, il y a de bonnes raisons d’être sceptique.

[Édité par Anna Martino]