Pas d'accord sur les sanctions : l'UE gèle le plafonnement des prix du pétrole
Une mesure d'urgence et temporaire accorde à l'UE jusqu'au 23 juillet pour parvenir à un accord
L’UE n’a pas approuvé mercredi de nouvelles sanctions contre la Russie, reportant ainsi une décision cruciale visant à freiner le financement de la guerre par le Kremlin.
À titre de mesure provisoire, le plafond fixé par l’UE sur le prix du pétrole sera gelé jusqu’au 23 juillet afin de permettre la conclusion d’un accord sur le paquet de sanctions.
Selon quatre diplomates de l’UE, les ambassadeurs ont mis en suspens les projets visant à abaisser le seuil à partir duquel les entreprises européennes ne peuvent plus fournir de services, tels que l’assurance, aux pétroliers vendant du brut russe au-delà de ce plafond.
La Commission européenne avait proposé de geler ce plafond pendant six mois, mais ce projet s’est heurté à la résistance de pays membres de l’UE clés dans le secteur du transport maritime, tels que la Grèce. Les ambassadeurs ont donc convenu de maintenir le plafond actuel jusqu’au 23 juillet.
Le plafond est actuellement fixé à 44 dollars le baril, mais il aurait atteint 58 dollars le baril en l’absence d’accord – une évolution qui aurait contribué à renflouer le trésor de guerre de Vladimir Poutine.
Les ambassadeurs de l’UE devaient entériner l’accord lundi, mais les négociations se sont prolongées de deux jours supplémentaires après l’échec des discussions.
La Grèce souhaite obtenir une dérogation à durée indéterminée afin de protéger une entreprise grecque, a déclaré un diplomate de l’UE à Euractiv. L’entreprise en question est Dynagas, une société de transport maritime spécialisée dans le GNL.
La Commission dispose désormais d’une semaine pour évaluer dans quelle mesure une dérogation accordée à la Grèce pourrait potentiellement profiter à la Russie, ont indiqué des diplomates.
Le brut de l’Oural, principal mélange exporté par la Russie, s’échangeait à environ 55 dollars le baril pendant la majeure partie de ce mois, mais a bondi à près de 66 dollars le baril mercredi après-midi, alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran reprend de plus belle.
Ce paquet de mesures avait auparavant été bloqué en raison de la demande de l’Autriche visant à permettre à la Raiffeisen Bank, dont le siège est à Vienne, d’accéder à des actifs soumis à des sanctions afin de l’indemniser des amendes encourues en Russie, ainsi que du rejet par la Grèce d’un plan visant à supprimer progressivement les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) russe.
(bw)