Autriche : les propos de l’extrême droite au sujet du président suscitent une vague d’indignation

Le leader d’extrême droite Herbert Kickl, qui a fustigé le président autrichien Alexander Van der Bellen lors du traditionnel « mercredi des Cendres politique », au cours duquel les responsables politiques s’invectivent, a suscité l’indignation générale.

EURACTIV Allemagne
Extraordinary federal party meeting of the FPOe
S’adressant à ses collègues de parti, M. Kickl a qualifié le président autrichien M. Van der Bellen — aujourd’hui âgé de 79 ans et sans affiliation partisane, mais autrefois à la tête des Verts autrichiens — de « momie » et de personne « sénile ». [EPA-EFE/DANIEL NOVOTNY]

Le leader d’extrême droite Herbert Kickl, qui a fustigé le président autrichien Alexander Van der Bellen lors du traditionnel « mercredi des Cendres politique », au cours duquel les responsables politiques s’invectivent, a suscité l’indignation générale et les critiques cinglantes des autres partis politiques autrichiens.

Le FPÖ, parti d’extrême droite autrichien, a instauré en 1992 le « mercredi des Cendres politique », un prétexte pour les responsables politiques autrichien de se livrer à des joutes verbales et de fustiger leurs adversaires politiques. Après plusieurs années d’interruption en raison de la pandémie, les plaisanteries de cette année ont été vivement critiquées.

S’adressant à ses collègues de parti, M. Kickl a qualifié le président autrichien M. Van der Bellen — aujourd’hui âgé de 79 ans et sans affiliation partisane, mais autrefois à la tête des Verts autrichiens — de « momie » et de personne « sénile ».

Les responsables politiques ont réagi en prenant la défense du président qui, en Autriche, occupe de loin la position la plus austère en tant que commandant suprême de l’armée et seul élu direct.

« Pendant que le gouvernement fédéral travaille, Herbert Kickl répète des discours radicaux », a déclaré Christian Stocker, secrétaire général du parti populaire conservateur (ÖVP). Il a également ajouté que le leader d’extrême droite « contribue à la radicalisation de son parti étape par étape. »

Le leader du parti social-démocrate SPÖ, Christian Deutsch, a fait valoir que le leader d’extrême droite avait « montré le visage abject du FPÖ dans son discours inqualifiable du mercredi des Cendres. »

Sigrid Maurer, présidente du parti des Verts, a souligné que les député ont régulièrement constaté « qu’Herbert Kickl n’a que faire d’un ton civilisé en politique. » Les commentaires de M. Kickl au sujet du président « sont une nouvelle tentative de détruire la confiance du public et d’inciter à la haine », a-t-elle poursuivi.

Il semblerait que M. Kickl n’ait pas réussi à se remettre du fait que l’extrême droite « n’a pas remporté l’élection présidentielle », a conclu Mme Maurer. En effet, M. Van der Bellen, qui en est à son deuxième mandat, a remporté en 2016 sa première élection présidentielle au second tour contre le candidat d’extrême droite Norbert Hofer.