Avec les biocarburants, la Finlande espère recréer la magie Nokia
L’entreprise énergétique norvégienne Freija AS a annoncé son intention de construire une importante installation de production d’e-méthane dans la ville finlandaise de Nokia, berceau de l’ancien géant de la téléphonie mobile.
L’entreprise énergétique norvégienne Freija AS a annoncé son intention de construire une importante installation de production d’e-méthane dans la ville finlandaise de Nokia, berceau de l’ancien géant de la téléphonie mobile.
L’annonce de mercredi sonne comme une victoire pour la Finlande, dont l’ambition est de produire de l’hydrogène et des carburants électriques pour maintenir sa prospérité, alors même qu’elle décarbonise son économie.
L’e-méthane est un carburant neutre en carbone produit en combinant de l’hydrogène issu des énergies renouvelables, avec du dioxyde de carbone capturé. Il joue un rôle clé dans la décarbonation des modes de transport, tels que le transport maritime et l’aviation.
Kristian Hauglum, directeur général de l’entreprise norvégienne Freija, a cité les objectifs environnementaux ambitieux de la Finlande, sa main-d’œuvre hautement qualifiée et sa situation stratégique à Tampere comme autant de raisons de s’implanter dans la région.
L’installation de la production est également présentée comme l’une des plus grandes d’Europe et sera opérationnelle en 2029.
La force d’innovation de la Finlande a longtemps été un atout économique pour le pays, comme en témoigne le succès de l’ancien géant mondial de la téléphonie mobile Nokia. À son apogée, Nokia produisait 40 % de tous les téléphones mobiles dans le monde et, entre 1998 et 2007, l’entreprise a été à l’origine d’un quart de la croissance économique de la Finlande.
Mais lorsque Nokia a manqué le train des smartphones, la Finlande en a ressenti le choc — le pays espère maintenant retrouver une partie de cette « magie » grâce aux biocarburants.
Au début de l’année 2023, le gouvernement a décidé de cibler la production d’hydrogène et de biocarburants connexes pour un usage domestique, mais aussi avec un œil sur les « entreprises d’exportation à haute valeur ajoutée », selon les mots du ministre des Affaires économiques, Mika Lintilä.
Cette production est gourmande en énergie, de sorte que les biocarburants à prix compétitifs et à faible teneur en carbone nécessitent une électricité bon marché et propre, à l’image de celle de la Finlande.
Alliant l’hydroélectricité, l’énergie solaire, l’énergie éolienne et les bioénergies, la production d’électricité du pays en 2022 était composée à 54 % d’énergie renouvelable. En Finlande, les prix de l’électricité ont toujours été inférieurs à ceux des autres États membres de l’Union européenne (UE) depuis la crise énergétique de 2022.
Une usine d’e-méthane similaire est en cours de développement sur le lac Tarastenjärvi à Tampere, une ville située au nord-ouest d’Helsinki, et la production pourrait commencer dès 2026. Un autre investissement d’un milliard d’euros dans la ville de Pori, au sud-ouest du pays, vise à capter les émissions de carbone des centrales électriques existantes pour produire du carburant.
Pour nourrir ses ambitions, ls’est employé à récolter des fonds européens par l’intermédiaire du Fonds pour l’innovation de l’UE, avec 270 millions d’euros déjà alloués à des projets dans le pays.
Nikolaus J. Kurmayer a contribué à la rédaction de cet article.