Barroso écarte le recours aux euro-obligations
Le président de la Commission européenne s’est prononcé en faveur des emprunts obligataires pour financer les actions de l’UE. Le système des euro-obligations n’est pas encore envisageable selon lui.
Le président de la Commission européenne s’est prononcé en faveur des emprunts obligataires pour financer les actions de l’UE. Le système des euro-obligations n’est pas encore envisageable selon lui.
José Manuel Barroso ne veut pas des euros-obligations. Le président de la Commission européenne a promis, mardi 14 décembre, qu’il « insisterait » sur la présentation de plans visant à introduire des emprunts obligataires pour financer les principaux investissements de l’UE.
Les emprunts obligataires sont présentés comme une option à l’idée controversée des euro-obligations, proposée par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le ministre italien des finances, Giulio Tremonti.
M. Barroso a dit aux eurodéputés que l’idée des euro-obligations était « intéressante ». Cependant il a souligné à plusieurs reprises qu’il était actuellement impossible de parvenir à un accord sur ce sujet qui divise l’UE.
Opposition franco-allemande
Le recours aux euro-obligations signifie pour les 16 membres de l’Eurozone une plus grande implication budgétaire. Les obligations communes seraient émises par une institution supranationale. Elle déterminerait alors les besoins en financement et les capacités de remboursement de chaque État pour une période donnée.
Certains pays, tels que l’Allemagne et la France s’opposent à ce principe. Les Allemands ont, entre autres, peur d’avoir à porter le poids financier des pays moins vertueux.
A l’inverse, les emprunts obligataires européens n’engageraient les États que sur un projet précis pour une période bien déterminée. Ce système se rapprocherait du mécanisme du grand emprunt, lancé par le gouvernement français en juin 2010.
Selon la Commission, ce type d’emprunt pourrait remplir le même objectif que les euro-obligations sans avoir d’impact immédiat sur les budgets nationaux.
« J’entends proposer la création d’emprunts obligataires européens pour le financement de projets, en collaboration avec la Banque européenne d’investissement (BEI) », avait déclaré José Manuel Barroso lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre dernier
Grands travaux
Les grands projets d’infrastructures, comme les chemins de fer ou les gazoducs, nécessitent un mélange complexe de capitaux pour être lancés. Dans une période d’adversité et de faible activité financière, peu d’investisseurs souhaitent acheter des obligations émises pour financer de tels projets.
La Banque européenne d’investissement, pourrait prendre la place des investisseurs privés et acheter elle-même des obligations. C’est en effet ce à quoi le président de la Commission fait référence lorsqu’il parle d’emprunts obligataires européens.
La BEI achète déjà des obligations en petites quantités pour financer des projets, comme l’explique son vice-président, Dario Scannapieco, dans le journal italien Il Sole 24 Ore. Deux projets photovoltaïques en Italie sont financés grâce aux emprunts obligataires européens, souligne M. Scannapieco.
De plus, la BEI pourrait acheter les obligations les plus risquées, qui ne seront probablement pas remboursées si le projet échoue. Sa participation servirait ainsi de garantie pour les investisseurs privés.
Procédure
Sur le court terme, la BEI n’aurait pas besoin d’augmenter son capital pour acheter des obligations et financer des projets. Cependant, l’idée présentée par M. Barroso implique une utilisation des emprunts obligataires à grande échelle. « Une augmentation de capital pourrait alors être nécessaire », a déclaré un fonctionnaire de la BEI. Or le capital de la banque d’investissement est financée par les États membres.
Lors de son discours le 14 décembre, José Manuel Barroso a réaffirmé son engagement mais il a prévenu que certains États avaient déjà fait part de leurs critiques. Le Conseil européen prévu cette semaine pourrait être l’occasion d’aborder de manière informelle cette question, qui ne fait pas partie de l’agenda du sommet pour le moment.
Le Parlement européen a, quant à lui, exprimé son soutien aux emprunts obligataires européens pour le financement de projets. Le vice-président de l’hémicycle, Gianni Pittella (S&D), a affirmé que cette proposition était une bonne option pour apporter de l’argent frais aux projets-clés européens. Sans cela ils risqueraient d’être interrompus par manque de financements.
CALENDRIER
- 16-17 décembre: Conseil européen, Bruxelles