Barroso évoque un "pacte" avec les pays du Sud

Le président de la Commission européenne a détaillé l’aide que l’UE compte apporter à la Libye. Plus largement, il a appelé l’UE à repenser ses relations avec ses voisins du Sud.

EURACTIV.fr

Le président de la Commission européenne a détaillé l’aide que l’UE compte apporter à la Libye. Plus largement, il a appelé l’UE à repenser ses relations avec ses voisins du Sud.

“Le colonel Kadhafi est une partie du problème et pas une partie de la solution. Il est temps pour lui de partir”. Dans un discours, mercredi 2 mars, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a fait le point sur l’aide que l’UE compte apporter à la Libye. 

Alors que les Américains menacent d’intervenir militairement dans le pays, il n’en est pas question aujourd’hui pour l’UE. 

M. Barroso a tout d’abord insisté sur la nécessité pour l’Europe d’aider à résoudre la crise humanitaire engendrée par les affrontements en Libye. L’ONU évoque aujourd’hui 140 000 réfugiés. 

Plus d’argent

A la place des trois millions prévus pour l’aide humanitaire, le président de la Commission a indiqué que l’UE allait dégager “immédiatement” 10 millions d’euros. Actuellement l’UE fournit déjà de l’aide médicale et alimentaire, mais également une assistance à l’accueil pour les réfugiés, a déclaré M. Barroso. Il a également rappelé que le mécanisme européen pour la protection civile, qui aide à coordonner l’évacuation des réfugiés avait été déclenché. 

Autre sujet qui tient à cœur des Européens, l’immigration. Pour aider l’Italie et d’autres États de l’UE qui pourraient être confrontés à un afflux d’immigrés important, la Commission devrait déployer des fonds notamment issus du fonds européen pour les frontières extérieures et du fonds européen pour les réfugiés. Ils s’agit de 25 millions d’euros au total. 

Dans son allocution du 27 février, Nicolas Sarkozy a estimé que l’Europe avait « le devoir d’agir » pour mettre en place une stratégie commune. Sinon « des flux migratoires incontrôlables » pourraient se développer en direction de l’Europe. La question devrait d’ailleurs être abordée lors la rencontre extraordinaire des dirigeants européens le 11 mars, consacrée à la Libye et aux révolutions arabes. 

L’Italie, qui a vu environ 6500 Tunisiens migrer clandestinement vers l’île de Lampedusa en l’espace de quelques jours, partage cette inquiétude. Le ministre des Affaires intérieures, Roberto Maroni, a d’ailleurs exhorté ses homologues européens à prendre « toutes les mesures nécessaires pour faire face à une urgence humanitaire catastrophique ».

« Pacte pour la démocratie »

Dans son discours, le président Barroso a enfin indiqué que l’Europe avait besoin d’un “nouveau paradigme politique dans ses relations avec ses voisins du Sud. Il souhaite que l’UE mette en place un “Pacte pour la démocratie et une prospérité partagée” avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée. 

Dans cet objectif, le chef de l’éxecutif européen prévoit d’utiliser les 4 milliards d’euros de la politique de voisinage de l’Europe de façon plus ciblée vis-à-vis de ces pays. 

Enfin, pour aider ces États à sortir de la “situation sociale desespérée” dans laquelle ils risquent de se retrouver, la Commission propose “d’utiliser l’aide [de l’UE] pour renforcer les échanges commerciaux et les investissements. »

Nicolas Sarkozy a récemment appelé à refonder l’Union pour la Méditerranée, lancée en 2008. Le 2 mars, dans un entretien au journal Le Monde, l’ancien premier ministre socialiste français Laurent Fabius, a évoqué la nécessité pour l’UE de mettre en place un « pacte des libertés  » entre l’Europe et les pays arabes qui se démocratisent. Ce partenariat « aurait plusieurs volets : économique, sanitaire, social et, si nos partenaires le souhaitent, un volet d’ingénierie démocratique », a-t-il ajouté.