Barroso pousse à un remaniement des cabinets des commissaires [FR]
En amont du vote de confirmation au Parlement européen le 9 février, les commissaires de l’UE se sont vus demander par leur président José Manuel Barroso de rendre leurs cabinets plus multinationaux et paritaires, selon une note interne consultée par EURACTIV.
En amont du vote de confirmation au Parlement européen le 9 février, les commissaires de l’UE se sont vus demander par leur président José Manuel Barroso de rendre leurs cabinets plus multinationaux et paritaires, selon une note interne consultée par EURACTIV.
La note interne distribuée par les services de M. Barroso souligne le fait que les hommes sont plus nombreux que les femmes et que de nombreux cabinets sont trop orientés en termes de nationalité, avec une prédominance trop évidente de fonctionnaires issus du même pays que le commissaire qui les a sélectionné. D’autre part, les Britanniques, les Français et les Portugais sont surreprésentés, notamment parmi les porte-parole.
Dans l’équipe d’Antonion Tajani (Industrie, Italie), on dénombre pas moins de cinq Italiens et seulement trois autres nationalités. Karel De Gucht (Commerce ; Belgique), László Andor (Affaires sociales ; Hongrie), John Dalli (Santé ; Malte) et Johannes Hahn (Politique régionale ; Autriche) ont tous choisi la moitié de leurs assistants parmi des ressortissants de leurs propres pays.
Le cabinet de M. Barroso lui-même apparaît plutôt déséquilibré en faveur des Portugais. Il y a six Portugais dans une équipe composée jusqu’ici de 14 membres. Les postes clefs ne sont cependant pas occupés par des ressortissants portugais.
Un Norvégien figure dans le cabinet du commissaire français Michel Barnier (Marché intérieur), bien que le Norvège ne soit pas membre de l’UE. Son nom est souligné avec exclamation dans le document interne de la Commission.
Vers une nouvelle querelle sur les porte-parole ?
Au total, la liste actuelle des membres de cabinet comprend 22 Allemands, 20 Français, 20 Britanniques, 14 Portugais, 12 Italiens, 11 Belges, 10 Espagnols et ainsi de suite. La Bulgarie, l’Estonie et la Lettonie ont chacun un seul représentant.
On est loin d’un équilibre représentatif de la population de l’UE et du poids politique de chaque Etat membre, ont déclaré des sources de la Commission. Les Allemands sont très fortement représentés mais ils sont également les plus nombreux dans l’UE.
Les Britanniques et les Français sont fortement représentés alors que d’autres pays avec une population importante ne bénéficient pas d’autant de membres de cabinet. Les Portugais sont un exemple frappant de surreprésentation. Douzième pays en termes de population, le Portugal est quatrième en termes de nombre de membres de cabinet.
Le déséquilibre national est encore plus saisissant au sein des porte-parole. Sept porte-parole sont Britanniques et quatre autres viennent d’Irlande. L’Allemagne, la France, l’Espagne et le Portugal ont deux porte-parole chacun. Les autres pays ont simplement un ou pas du tout de porte-parole.
La nationalité des porte-parole a été une question controversée lors du premier mandat de la Commission Barroso, lorsque de nombreux pays ont protesté contre leur sous-représentation dans ce service, un outil de communication externe stratégique de la Commission. En conséquence, le service des porte-parole a connu un certain nombre de remaniements.
Déséquilibre entre hommes et femmes
De tous les fonctionnaires qui apparaissent actuellement sur la liste des membres de cabinet, 112 sont des hommes et seulement 67 sont des femmes, selon un document interne circulant parmi les commissaires.
Alors que le cabinet de M. Barroso devrait être composé de sept hommes et de sept femmes, d’autres cabinets sont loin de l’équilibre. Bizarrement, ceux qui sont les plus déséquilibrés sont ceux des commissaires femmes.
Neelie Kroes (Agenda numérique, Pays-Bas) a choisi jusqu’ici cinq hommes et seulement une femme. Androulla Vassiliou (Culture, Chypre) a sélectionné six hommes et deux femmes dans son équipe, et Viviane Reding (Justice, Luxembourg) s’est entouré de six hommes et deux femmes.
Les commissaires hommes ne font pas beaucoup mieux. Antonio Tajani (Industrie, Italie) a six hommes et deux femmes dans son équipe, quand Janusz Lewandowski (Budget, Pologne) n’aucune femme dans son cabinet.
Au contraire, Joaquin Almunia (Concurrence, Espagne) et Andris Piebalgs (Développement, Lettonie) comptent plus de femmes que d’hommes dans leurs équipes.