Berlin demande que le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine profite aux principaux donateurs bilatéraux de Kiev
L’Allemagne pousse pour que les dépenses liées au futur prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine tiennent compte du niveau de soutien bilatéral déjà apporté par chaque État membre, selon quatre diplomates européens cités par Euractiv.
Berlin souhaite récompenser les principaux soutiens de l’Ukraine en liant les dépenses d’un prochain prêt de 90 milliards d’euros au niveau des contributions bilatérales versées par les États de l’UE, ont indiqué quatre diplomates européens à Euractiv.
Une telle approche avantagerait nettement Berlin, premier contributeur financier à l’Ukraine depuis l’invasion russe à grande échelle lancée en 2022.
À l’inverse, cette proposition risque de susciter des réticences dans des pays comme la France ou l’Italie, dont l’aide bilatérale à Kiev est restée bien inférieure à celle de l’Allemagne.
En décembre, les dirigeants européens n’ont pas réussi à s’accorder sur un mécanisme reposant sur les avoirs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine. Ils ont finalement opté pour un prêt de 90 milliards d’euros garanti par le budget de l’UE, destiné à soutenir Kiev jusqu’en 2027.
Ce prêt prévoit 60 milliards d’euros pour le soutien militaire et 30 milliards d’euros pour combler le déficit budgétaire imminent du pays. L’Ukraine pourrait se retrouver à court de liquidités dès le mois d’avril.
Les modifications apportées aux lignes directrices en matière de dépenses visent à encourager un soutien bilatéral accru à l’Ukraine, ce qui serait dans l’intérêt commun de l’UE, a suggéré un diplomate.
D’après les données de suivi de l’Institut de Kiel, l’Allemagne a déjà accordé près de 25 milliards d’euros d’aide bilatérale à l’Ukraine. La France, deuxième économie de l’UE, a contribué à hauteur de 7,5 milliards d’euros, tandis que l’Italie en est à environ 2,7 milliards d’euros.
La question devrait être examinée ce mercredi 28 janvier lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE à Bruxelles.
Thomas Moller-Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.