Berlin et Londres main dans la main pour dessiner les contours des lignes ferroviaires transfrontalières
Les ministres des Transports du Royaume-Uni et de l'Allemagne ont convenu de lancer un groupe de travail conjoint visant à faire circuler les trains entre les deux pays.
Les ministres des Transports du Royaume-Uni et de l’Allemagne ont convenu de lancer un groupe de travail conjoint visant à faire circuler les trains entre les deux pays.
Réunis à Hambourg mercredi 13 août, la ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, et son homologue allemand, Patrick Schnieder, se sont attaqués aux problèmes opérationnels, réglementaires et économiques qui ont entravé les nombreuses tentatives de lancement de transport direct de passagers entre les deux pays.
Un rêve que les enthousiastes du rail craignaient de voir s’éloigner définitivement, les espoirs ayant été douchés à plusieurs reprises ces quinze dernières années.
Au cours de la réunion, Patrick Schnieder a déclaré que Londres et Berlin « s’engagent » à permettre aux trains de traverser la Manche dans les années à venir. « Une liaison continue simplifierait grandement les déplacements et augmenterait considérablement l’attrait des voyages en train », a-t-il argumenté.
Les efforts déployés par le passé pour mettre en place des trains directs entre Londres et Francfort ont échoué en raison de divers obstacles, qu’il s’agisse des règles de sécurité relatives au passage du tunnel sous la Manche, des problèmes de contrôle des passeports pour les accès au Royaume-Uni ou des difficultés à mettre en place des zones de sécurité dans les principales gares d’Europe continentale.
En 2010, la Deutsche Bahn, l’entreprise ferroviaire publique allemande, avait présenté son train ICE blanc-rouge à la gare St Pancras à Londres, dans le but de lancer une ligne Londres-Cologne-Francfort trois ans plus tard. La compagnie ferroviaire nationale avait obtenu un certificat d’exploitation pour le tunnel sous la Manche, mais avait finalement abandonné le projet en 2018, invoquant des difficultés économiques.
Actuellement, aucun train direct de passagers entre l’Allemagne et le Royaume-Uni n’est en circulation. Eurostar — filiale de la SNCF et qui exploite seule la capacité du tunnel sous la Manche pour le transport de passagers — souhaite mettre en place des trains au départ de Francfort et de Genève d’ici le début des années 2030.
La société souhaite s’équiper de 50 nouveaux trains et augmenter le nombre annuel de passagers de 19,5 millions en 2024 à 30 millions, son objectif à moyen terme.