Berlin reste préoccupé par le tandem franco-allemand malgré la défaite de l’extrême droite française
Malgré le « soulagement » du gouvernement allemand face à la défaite de l’extrême droite aux élections législatives françaises, la coalition au pouvoir en Allemagne craint que la coopération franco-allemande ne soit compromise par un éventuel vide de pouvoir à Paris.
Malgré le « soulagement » du gouvernement allemand face à la défaite de l’extrême droite aux élections législatives françaises, la coalition au pouvoir en Allemagne craint que la coopération franco-allemande ne soit compromise par un éventuel vide de pouvoir à Paris, ce qui inciterait certains à se tourner vers la Pologne.
Bien qu’arrivé en tête au premier tour, le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen n’a pas réussi à réitérer son succès au second tour. Une victoire aurait obligé le président Emmanuel Macron à nommer un Premier ministre d’extrême droite.
Confronté à un parlement sans majorité, le président doit désormais nommer un Premier ministre capable de construire une majorité alternative. Anticipant un processus prolongé, il n’a pas immédiatement accepté la démission de son actuel Premier ministre centriste, Gabriel Attal.
À première vue, les résultats ont soulagé Berlin, qui craignait qu’un cabinet dirigé par le RN ne nuise à l’étroite coopération entre les plus grandes économies de l’UE.
« L’ensemble du gouvernement allemand et moi-même sommes soulagés », a déclaré le chancelier Olaf Scholz (SPD/S&D) aux journalistes lundi. Un Premier ministre d’extrême droite, a-t-il ajouté, aurait été « un grand défi » pour l’intérêt de l’Allemagne à la réussite du projet européen, qui n’est « possible qu’avec la France ».
La coordination entre les deux pays est souvent déterminante pour l’obtention d’un consensus entre les pays de l’UE.
La coalition tripartite, composée du SPD d’Olaf Scholz, des Verts et du parti libéral FDP, partage également le même sentiment.
Chantal Kopf, cheffe de file des Verts pour les affaires européennes, a qualifié les résultats de « bon jour pour la démocratie en Europe », tandis que son collègue Anton Hofreiter a déclaré qu’« [Emmanuel] Macron a organisé un référendum sur [Marine] Le Pen — et il a gagné ».
L’importance de la Pologne s’accroît
L’avenir politique de la France est toutefois en suspens : aucun parti n’a réussi à obtenir la majorité à l’Assemblée nationale et ils pourraient être contraints de former une coalition « à l’européenne » pour avoir un gouvernement stable, une pratique peu familière pour le pays.
Les partenaires de la coalition au pouvoir en Allemagne craignent donc un vide de pouvoir à Paris.
Thomas Hacker, chef de file du FDP pour les affaires européennes, a exprimé ses préoccupations, notant que la France serait désormais « préoccupée par ses propres affaires ».
« Il n’est pas exclu que la coopération entre la France et l’Allemagne devienne plus compliquée et imprévisible », a-t-il affirmé. « La coopération avec la Pologne devient donc de plus en plus importante au niveau européen. »
La Pologne coopère avec la France et l’Allemagne dans le format dit du Triangle de Weimar et le retour de Donald Tusk au poste de Premier ministre l’année dernière a permis de relancer les réunions trilatérales.