Bernard Kouchner : la France souhaite être « modeste » [FR]

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est dit entièrement à la disposition du Parlement européen au cours de la présidence française de l’UE. Il a en outre promis d’écouter l’opinion de l’Assemblée. Cette déclaration intervient quelques jours à peine après les flatteries du président Sarkozy devant le Parlement à Strasbourg.

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Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est dit entièrement à la disposition du Parlement européen au cours de la présidence française de l’UE. Il a en outre promis d’écouter l’opinion de l’Assemblée. Cette déclaration intervient quelques jours à peine après les flatteries du président Sarkozy devant le Parlement à Strasbourg.

Le 15 juillet, M. Kouchner a fait de « modestie » le mot clé de son intervention face à la commission des Affaires étrangères.

Non sans humour, il a déclaré que la présidence française avait pour ambition d’être modeste, reconnaissant néanmoins que la modestie et l’écoute ne font pas nécessairement partie de la réputation de son pays. 

« Nous ne concevons pas de travailler sans une étroite collaboration avec vous », a déclaré M. Kouchner aux eurodéputés. Cette volonté s’inscrit dans un effort plus vaste de rapprochement avec les citoyens européens. 

Les questions les plus critiques à l’égard de cette approche ont été le fait des eurodéputés verts, les autres groupes politiques ne voyant aucune raison de contester les positions de la présidence sur des bases idéologiques.

Déjà deux initiatives couronnées de succès

M. Kouchner a rappelé deux initiatives de la présidence française qu’il considère déjà comme un succès : le lancement de l’Union pour la Méditerranée (EURACTIV 14/07/08) et ce qu’il appelle « un début de pacte sur l’immigration » (EURACTIV 7/07/08). Il a également révélé les noms des candidats pour accueillir le secrétariat de l’Union pour la Méditerranée, à savoir la Tunisie, le Maroc, Marseille, Malte et Barcelone.

Feuille de route pour le Moyen-Orient

Le ministre français des Affaires étrangères a consacré plus de temps pour discuter des initiatives dont la réussite est moins évidente, comme le rôle de l’Europe dans le conflit au Moyen-Orient.

Il a souligné la nécessité de trouver une place pour l’UE dans le processus de paix, invitant les eurodéputés à apporter leurs contributions à une feuille de route que l’Union devrait proposer à ses partenaires. Il a insisté sur le fait que l’Union n’a aucune intention d’agir contre les Américains, en sous-entendant que l’Union portait une plus grande part de responsabilité à l’heure où les Etats-Unis sont en train de changer de gouvernement.

« Le monde compte sur nous », a déclaré M. Kouchner. Pour ce qui est de la participation du président syrien Bashar al-Assad au sommet de Paris le 13 juillet, le ministre a passé un long moment à expliquer qu’il est impossible de faire la paix sans maintenir de bonnes relations avec les opposants. Il a ajouté que les dirigeants israéliens avaient félicité la France d’avoir invité Bashar al-Assad et qu’aucun autre pays participant au sommet ne s’y oppose.

Trouver un langage spécial avec la Russie

M. Kouchner a affirmé que l’Europe doit suivre la situation en Géorgie avec la plus grande attention, dans la mesure où selon lui, l’endroit est « le plus dangereux, le plus explosif en ce qui concerne les relations de voisinage ».

Il a ajouté que l’Union devait trouver un « langage spécial » avec la Russie et être capable d’envoyer des messages efficaces, bien que, selon lui, Moscou emploi souvent des « expressions qui nous choquent ». « On ne peut pas concevoir les relations [extérieures] de l’UE sans de bonnes relations avec la Russie », a-t-il également déclaré. Encore une fois, il a souligné qu’une « feuille de route » est nécessaire aux relations avec la Russie, employant la même expression pour établir une nouvelle base pour les relations avec les Etats-Unis suite aux élections présidentielles de novembre. 

A l’Irlande de trouver une solution

Concernant la situation suite au rejet du traité de Lisbonne par l’Irlande, M. Kouchner a déclaré que c’était au pays de trouver une solution, avant d’ajouter que le « non » irlandais constituait une défaite non pour l’Irlande, mais pour l’Europe. Le problème principal selon lui est que les Européens ne comprennent pas combien l’Europe leur est précieuse.