Brexit : le « scénario central est celui du no-deal », selon l’Élysée
« Aujourd’hui, le scénario central du Brexit est celui du no-deal », a indiqué le 21 août l’Élysée à la veille d’une rencontre entre Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson à Paris.
« Aujourd’hui, le scénario central du Brexit est celui du no-deal », a indiqué le 21 août l’Élysée à la veille d’une rencontre entre Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson à Paris.
« Il y a une fermeté européenne sur les principes », notamment sur le backstop (en Irlande), « mais il y a la volonté de discussion avec le Royaume-Uni sur beaucoup de points », dont la relation future entre Londres et l’Union européenne, a précisé la présidence française. Emmanuel Macron devrait réaffirmer cette position en recevant jeudi à déjeuner, M. Johnson.
Dans une lettre adressée lundi à Donald Tusk, président du Conseil européen, M. Johnson a réaffirmé son opposition à l’accord négocié par le gouvernement de Theresa May avec Bruxelles et notamment à la disposition controversée sur l’Irlande, dite « backstop », ou filet de sécurité.
Pour l’Élysée, « le backstop est une police d’assurance » et « un élément indispensable d’un accord » car il s’agit d’« assurer la paix et la stabilité en Irlande, et l’intégrité du marché européen ».
L’UE a répété à maintes reprises qu’elle n’était pas prête à renégocier l’accord de Brexit.
L’Élysée a par ailleurs réaffirmé que, même en cas d’absence d’accord, la facture de 39 milliards de livres que Londres doit à l’EU dans le cadre du Brexit, restera dûe. « Les obligations financières demeurent » même dans ce scénario, a souligné la présidence.
Demande de clarifications
« J’attends des clarifications de Boris Johnson », a déclaré mercredi le président, en souhaitant que les discussions avec Londres sur le Brexit soient « les plus amicales et confraternelles » possibles.
Emmanuel Macron s’exprimait devant des journalistes à Paris alors que Boris Johnson était reçu à Berlin par la chancelière Angela Merkel, qui a jugé possible de trouver un accord négocié avec Londres « dans les 30 prochains jours ».
Le président français a cependant insisté sur la nécessité pour Boris Johnson de faire évoluer ses demandes car « la renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n’est pas une option qui existe. Et cela a toujours été affirmé très clairement par le négociateur » de l’UE, Michel Barnier.
Pour les Européens, la priorité est de sauvegarder « l’intégrité du marché européen » et « la stabilité de l’Irlande » sur la base du « good Friday agreement », l’accord de paix signé en Irlande du Nord, a-t-il insisté.
Pour lui, un « Brexit dur », sans accord au 31 octobre, « serait la responsabilité du gouvernement britannique », qui « a toujours la possibilité jusqu’à la dernière seconde de retirer l’article 50″, sur lequel repose le Brexit.
La France s’est « préparée » à ce scénario : « Tous les textes ont été passés, nous sommes à l’heure. On a embauché les douaniers, les experts vétérinaires… »
Pour Emmanuel Macron, le Brexit est avant tout « une crise démocratique britannique » et il faut « aider les Britanniques à la gérer ». Mais, au-delà, le Royaume-Uni « est un partenaire stratégique structurant absolument fondamental » pour la France et les autres pays européens, a-t-il ajouté.