Brexit : le contrôle des ressortissants européens cause des retards importants à la frontière franco-britannique

Les retards importants subis par les voyageurs à destination et en provenance du Royaume-Uni ont été exacerbés par la confusion qui règne autour des documents dont les citoyens de l'UE vivant au Royaume-Uni ont besoin pour rentrer chez eux.

EURACTIV.com
Holiday traffic queues in Dover
Les nouveaux contrôles des importations entreront en vigueur en trois phases entre novembre 2023 et novembre 2024. [[EPA-EFE/STUART BROCK]]

Les retards importants subis par les voyageurs à destination et en provenance du Royaume-Uni ont été exacerbés par la confusion qui règne autour des documents dont les citoyens de l’UE vivant au Royaume-Uni ont besoin pour rentrer chez eux, indique l’organisme de défense des droits des citoyens mis en place dans le cadre du Brexit.

L’Independent Monitoring Authority (IMA), est l’agence créée en vertu de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE et chargée de protéger les droits des ressortissants de l’UE vivant au Royaume-Uni. Elle a indiqué lundi (25 juillet) avoir été mise au courant de cas de transporteurs demandant aux voyageurs de fournir une preuve de leur statut dans le cadre dispositif d’obtention du statut de résident permanent de l’UE (EU Settlement Scheme, EUSS) avant de les autoriser à voyager ou de leur refuser l’embarquement dans les cas où ils présentent une carte d’identité nationale valide.

Les citoyens de l’UE vivant au Royaume-Uni ont toutefois le choix entre utiliser une carte d’identité nationale valide ou un passeport valide pour entrer au Royaume-Uni. L’IMA a déclaré qu’elle était «  inquiète que certains transporteurs entravent les voyages, contrairement aux directives officielles, en n’acceptant pas les cartes d’identité nationales valides avant l’embarquement et/ou en demandant une preuve de leur statut dans le cadre de l’EUSS. »

Une série de reproches liés aux conséquences de l’après-Brexit a éclaté cette semaine entre les représentants des gouvernements britannique et français. Les vacanciers qui tentaient de quitter le Royaume-Uni ou d’y rentrer ont, quant à eux, dû faire face à de longs retards aux points de contrôle frontaliers au cours de cette première semaine de vacances scolaires estivales au Royaume-Uni.

Une attente moyenne de cinq à six heures a été signalée aux postes de contrôle portuaires de Douvres et de Folkestone. Cette situation s’explique par le retour aux volumes de tourisme importants connus avant la pandémie de Covid-19 et par la mise en place de nouveaux contrôles à la frontière entre le Royaume-Uni et la France.

Le gouvernement britannique a été confronté à des critiques répétées de la part des législateurs et des groupes industriels quant à la préparation des changements de sa politique frontalière depuis sa sortie de l’UE.

Le gouvernement a également rejeté une demande du port de Douvres, qui souhaitait obtenir 33 millions de livres sterling d’un fonds d’infrastructure pour le Brexit en 2020, et qui avait prévu de doubler les moyens consacrés au contrôle des passeports français.

Alors que le gouvernement britannique et la candidate à la direction du parti conservateur, Liz Truss, ont imputé les retards à un nombre insuffisant de contrôleurs aux frontières françaises, Mark Simmonds, directeur des politiques de la British Ports Association, a déclaré que le Brexit était responsable de ces retards. «  Il y a une frontière plus dure qu’avant  », affirme M. Simmonds. «  Nous disons depuis des années que les contrôles supplémentaires auraient un impact sur la capacité de certains ports  ».

Mme Truss, qui apparaît comme la favorite pour remplacer Boris Johnson en tant que dirigeante du parti conservateur et Première ministre, a accusé la France de créer une «  situation évitable et inacceptable  ».

Le directeur général du port de Douvres, Doug Bannister, a toutefois déclaré qu’il était «  absolument vrai  » que le Brexit, à savoir l’obligation pour tous les passagers voyageant vers et depuis le Royaume-Uni de faire tamponner leur passeport, était la principale cause des retards.