L’Allemagne réfute les affirmations de la Pologne quant à un consensus sur les « obligations de défense » de l’UE

L’Allemagne a refuté mercredi 20 novembre les affirmations polonaises selon lesquelles les cinq plus grands États membres de l’UE seraient en faveur des « obligations de défense » européennes et de la compensation de l'éventuelle réduction du soutien américain à l’Ukraine.

EURACTIV.com
Meeting of the Foreign Ministers of the EU Big Five in Warsaw
Radosław Sikorski (ministre des Affaires étrangères de la Pologne), Annalena Baerbock (ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne) lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des cinq grands de l'UE à Varsovie, en Pologne, le 19 novembre 2024. [Foto Olimpik/NurPhoto via Getty Images]

L’Allemagne a réfuté mercredi 20 novembre les affirmations polonaises selon lesquelles les cinq plus grands États membres de l’UE seraient en faveur des « obligations de défense » européennes et de la compensation de l’éventuelle réduction du soutien américain à l’Ukraine.

Le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski, avait affirmé aux journalistes que « les cinq plus grands États membres de l’UE se sont prononcés en faveur des obligations de défense européennes [pour la première fois] » lors d’une réunion ministérielle à Varsovie mardi 19 novembre.

Il a également fait part de la « volonté des plus grands pays […] de partager le fardeau du soutien militaire et financier à l’Ukraine [à la lumière] d’une éventuelle réduction de l’engagement des États-Unis ».

Le ministère allemand des Affaires étrangères a toutefois démenti le fait que Berlin ait donné son feu vert à ces projets controversés.

« Je n’ai trouvé aucun des aspects [mentionnés] dans la déclaration finale, et la déclaration est décisive pour la position unie de ce groupe de représentants », a commenté un porte-parole du ministère des Affaires étrangères aux journalistes à Berlin mercredi 20 novembre, lorsqu’il a été interrogé sur les affirmations de Radosław Sikorski.

Le porte-parole a souligné que la déclaration publiée à l’issue du sommet, auquel participaient les ministres des Affaires étrangères des cinq plus grands États membres de l’UE — France, Allemagne, Pologne, Italie et Espagne — et la Grande-Bretagne, ne mentionnait que le fait de « ne pas relâcher le soutien à l’Ukraine » et de maintenir les dépenses de défense nationale à un niveau d’au moins 2 % du PIB.

En outre, les ministres ont évoqué la possibilité de « discuter de moyens de financement innovants », mais n’ont pas approuvé explicitement les « obligations de défense ».

L’expression « obligations de défense » fait communément référence à la levée de fonds pour les dépenses de défense européenne par le biais d’une dette commune — une proposition controversée parmi les États membres de l’UE. L’Allemagne, confrontée à de fortes contraintes budgétaires, les a jusqu’à présent exclues.

C’est la deuxième fois que l’Allemagne et la Pologne s’opposent sur la question des obligations de défense, le premier désaccord datant du sommet du Conseil européen de juillet. Le chancelier allemand Olaf Scholz avait alors bloqué une proposition polono-balte visant à financer conjointement des fortifications à la frontière extérieure de l’Union européenne.

Depuis, les relations germano-polonaises sont restées globalement tendues, malgré l’arrivée au pouvoir du Premier ministre polonais pro-européen Donald Tusk (PO/PPE), qui a remplacé le parti eurosceptique Droit et Justice (PiS/CRE).

[Édtié par Anna Martino]