Schengen : des policiers européens seront déployés à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie
Une centaine d’agents de la police des frontières de Roumanie, de Hongrie et d’Autriche seront déployés pour surveiller la frontière bulgare avec la Turquie après l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen, a-t-on appris samedi 23.
Une centaine d’agents de la police des frontières de Roumanie, de Hongrie et d’Autriche seront déployés pour surveiller la frontière bulgare avec la Turquie après l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen, a annoncé samedi 23 novembre le chef de la police des frontières bulgare, Anton Zlatanov.
La Bulgarie avait, tout comme la Roumanie, partiellement intégré l’espace Schengen en mars 2024 au niveau maritime et aérien. Les contrôles terrestres avaient pour leur part été maintenus en raison du veto de l’Autriche, qui estimait que l’immigration clandestine était encore trop importante et que les deux pays devaient faire davantage pour l’empêcher.
Finalement, Sofia et Bucarest ont reçu la semaine dernière le feu vert pour rejoindre entièrement l’espace de libre circulation européen à compter du 1er janvier 2025. La décision devrait être validée lors d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) le 12 décembre.
La création de l’unité de police composée d’une centaine de personnes fait partie de l’accord avec l’Autriche pour la levée du veto à l’inclusion intégrale de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen.
Outre cette mesure, les autorités bulgares ont annoncé qu’elles avaient recruté 1 200 personnes supplémentaires pour garder la frontière avec la Turquie, affirmant que cela réduirait la pression migratoire de 70 %.
Elles ont également indiqué que la Bulgarie ne compte pas supprimer les infrastructures à ses postes-frontière avec les autres pays de l’espace de libre-circulation, puisque celles-ci pourraient être utilisées si les contrôles frontaliers devaient être rétablis.
Parallèlement à cela, les contrôles aux frontières avec la Roumanie seront maintenus pendant six mois, mais pas sous leur forme actuelle. La police des frontières ne contrôlera pas toutes les personnes qui franchissent la frontière, mais contrôlera les voyageurs sur la base d’une analyse des risques.
Aucun contrôle ne sera introduit à la frontière avec la Grèce. À la place, des « mesures compensatoires » seront mises en place, consistant à déployer des patrouilles frontalières bulgaro-grecques pour contrôler les personnes suspectes, selon le ministère de l’Intérieur, « afin de ne pas donner l’impression que n’importe qui peut entrer en Bulgarie sans être contrôlé ».
« Les missions de la police des frontières deviendront plus difficiles après l’adhésion du pays à l’espace Schengen », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Atanas Ilkov.
Le ministre a par ailleurs expliqué que les agents devront toujours effectuer des contrôles, mais qu’ils devront le faire discrètement et sans entraver la libre circulation des personnes. Ces contrôles seront effectués sur la base de données opérationnelles et d’informations fournies par les services partenaires.
L’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen marquera également la fin des énormes files de camions à la frontière du pays à partir du début de l’année prochaine. Actuellement, l’économie bulgare perd 650 millions d’euros par an en raison des retards aux frontières avec la Grèce et la Roumanie.
Cette situation a également permis à des entreprises aux pratiques douteuses de prospérer en installant des parkings tampons aux frontières avec la Roumanie et la Turquie. Ces dernières imposent des frais élevés aux camions, une situation qui a suscité une vive indignation parmi les entreprises de transport des pays voisins de la Bulgarie.
Avec l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen, les parkings tampons privés le long de la frontière avec la Roumanie ne devraient plus être un problème majeur. Cependant, le gouvernement devra prendre des mesures pour résoudre la situation le long de la frontière avec la Turquie.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]