Brexit : le Royaume-Uni sous pression pour l'adhésion au projet de recherche Horizon Europe
Le gouvernement britannique dispose d’un mois pour convenir avec l’Union européenne des conditions d’adhésion au programme de recherche Horizon Europe, ou pour étendre un système de compensation national.
Le gouvernement britannique dispose d’un mois pour convenir avec l’Union européenne des conditions d’adhésion au programme de recherche Horizon Europe, doté de 95 milliards d’euros, ou pour étendre un système de compensation national, alors que la pression exercée sur le gouvernement par les chercheurs britanniques en quête de financement ne cesse de croître.
Le gouvernement du Premier ministre Rishi Sunak a versé plus d’un milliard de livres sterling en subventions publiques aux chercheurs britanniques qui participaient aux projets Horizon Europe dans le cadre du système de garantie du gouvernement censé expirer à la fin du mois de septembre.
Le Royaume-Uni devait rejoindre le programme selon les termes de son accord de Brexit avec l’UE, mais son statut de membre d’association a été bloqué pendant deux ans en raison du différend entre Bruxelles et Londres quant au protocole sur l’Irlande du Nord.
Depuis la conclusion du cadre de Windsor sur le protocole sur l’Irlande du Nord, après laquelle la Commission européenne a déclaré que l’accès du Royaume-Uni à Horizon pourrait être accéléré, les fonctionnaires se sont battus sur le montant précis de la contribution du Trésor au budget du programme européen.
Malgré les commentaires des fonctionnaires britanniques et européens selon lesquels les deux parties étaient sur le point de parvenir à un accord avant le sommet de l’OTAN de juillet à Vilnius, rien n’a été convenu et les fonctionnaires ont depuis indiqué qu’un accord n’était pas près d’être conclu.
L’impasse a surpris les chercheurs qui soulignent que dans le cadre du programme Horizon qui existait pour le dernier cycle budgétaire de sept ans de l’UE entre 2013 et 2020, les chercheurs basés au Royaume-Uni étaient les deuxièmes derrière l’Allemagne en termes de subventions obtenues et de programmes financés.
M. Sunak semble plutôt engagé dans le programme Pioneer, que le gouvernement britannique a proposé comme programme national alternatif à Horizon en cas d’échec des négociations avec l’UE.
Pioneer se verrait allouer 14,6 milliards de livres, soit le même montant que ce que le gouvernement aurait payé pour s’associer à Horizon de 2021 à 2027, selon une proposition gouvernementale publiée en avril. Cependant, la mise en place de Pioneer prendrait des mois.
La semaine dernière, une enquête menée par Cancer Research UK auprès de 84 experts a révélé un soutien massif à l’adhésion du Royaume-Uni au fonds de recherche et de développement Horizon Europe. En effet, 75 % des personnes interrogées étaient favorables à une association avec ce fonds et seulement 11 % soutenaient le programme Pioneer du gouvernement britannique.
L’organisation caritative de lutte contre le cancer a prévenu que l’adhésion du Royaume-Uni à Horizon était dans l’intérêt des chercheurs et des personnes touchées par le cancer.
« Nous avons un grand besoin d’Horizon Europe », a déclaré le professeur Julian Downward, directeur du laboratoire de biologie oncogène de l’Institut Francis Crick, ajoutant que « la situation actuelle nuit chaque jour à la science britannique », car un nombre croissant de chercheurs s’installent dans l’UE afin de pouvoir bénéficier des subventions européennes pour la recherche.
« Le Royaume-Uni est confronté à une fuite des cerveaux scientifiques si nous ne parvenons pas à rendre le pays plus attrayant pour les talents internationaux. La possibilité de soumissionner pour des subventions dans le cadre d’Horizon Europe est une étape essentielle pour y parvenir », a-t-il ajouté.