Bruxelles attend peu de changement de la part du nouveau gouvernement britannique

Un gouvernement britannique gouverné mais non dominé par les Conservateurs de David Cameron signifierait sûrement qu'il n'y aurait pas de changement dans l'attitude et le travail  du Royaume-Uni avec Bruxelles, a conclu un panel d'experts lors d'un débriefing de l'élection vendredi dernier (7 mai).

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Un gouvernement britannique gouverné mais non dominé par les Conservateurs de David Cameron signifierait sûrement qu'il n'y aurait pas de changement dans l'attitude et le travail  du Royaume-Uni avec Bruxelles, a conclu un panel d'experts lors d'un débriefing de l'élection vendredi dernier (7 mai).

A l'occasion de cet événement, organisé par le Centre for European Policy Studies (CEPS), trois experts ont présenté leurs opinions sur les impacts potentiels du résultat des élections britanniques – qui ont débouché sur un Parlement sans majorité – sur la place du Royaume-Uni dans l'UE.

Vendredi soir (7 mai), il est apparu qu'aucun parti n'avait remporté de majorité, aucun d'entre eux ne s'adjugeant le droit automatique de gouverner. Bien que les conservateurs aient remporté le plus de sièges, plus de 90 par rapport aux travaillistes (Labour), un gouvernement minoritaire ou de coalition devra être formé en fonction du résultat des actuelles négociations entre partis (voir "Contexte").

Tim Bale, maître de conférences à l'Université de Sussex et expert pour les conservateurs, a affirmé que bien que le résultat de l'élection et l'absence de gouvernement majoritaire était une mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni, il peut aussi être positif pour l'UE car il signifie qu'il n'y aura pas de gouvernement Tory eurosceptique fort.

M. Bale n'a pas exclu la possibilité d'un accord entre le Labour et les libéraux démocrates (Lib Dem) si les discussions entre David Cameron et Nick Clegg ne portent pas leurs fruits cette semaine. Il reste sceptique quant aux progrès qui pourraient être réalisés dans un partenariat Conservateurs/ Lib Dem, en raison des différences politiques fondamentales.

David Rennie, chef du bureau de The Economiste à Bruxelles, a fait remarquer que le leadership du parti conservateur était sans aucun doute antieuropéen – se référant à la menace de M. Cameron d'organiser un référendum sur le traité de Lisbonne désormais ratifié – mais un gouvernement dirigé par les Tories aurait trop de pain sur la planche et serait trop occupé à essayer de réparer l'économie pour déclencher des conflits avec l'UE.

Toutefois, il croit que les événements pourraient faire ressortir les tensions UE – Royaume-Uni, en supposant qu'un autre renflouage d'un pays de l'UE pourrait conduire à une réelle confrontation. Le Royaume-Uni, qui regarde le renflouage de la Grèce depuis les coulisses, serait certainement incapable de ne rien faire et ne montrer aucune solidarité si la même chose arrivait au Portugal ou à l'Espagne, a-t-il dit.

David Healey, haut conseiller à Burston-Marsteller et ancien secrétaire général adjoint au Parlement européen, a souligné à quel point l'actuel parti conservateur était eurosceptique en faisant remarquer que seulement trois députés Tories avaient voté en faveur du traité de Lisbonne.

Il pense toutefois qu'un gouvernement dirigé par les conservateurs adopterait probablement exactement la même approche à l'égard de Bruxelles que les précédents gouvernements britanniques – la poursuite des intérêts nationaux avec efficacité et de bons résultats- et a prédit que les relations UE Royaume-Uni pourraient rester les mêmes.

Depuis lundi soir (10 mai), la composition du nouveau gouvernement britannique reste incertaine. Les négociations entre les conservateurs et les Lib Dem entament leur troisième jour, alors que les travaillistes attendent dans les coulisses, prêts à parler au parti de Nick Clegg si ces discussions cessaient.

Tim Vale pense que tout accord avec le Labour et les Lib Dem engendrerait la démission de Gordon Brown.