Bruxelles devrait débloquer les fonds du plan de relance polonais
La Commission européenne pourrait approuver le premier versement des fonds européens dans le cadre de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) vers la Pologne, ont révélé plusieurs médias, mettant fin à un litige de plusieurs années.
La Commission européenne pourrait approuver le premier versement des fonds européens dans le cadre de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) vers la Pologne, ont révélé plusieurs médias, mettant fin à un litige de plusieurs années.
Peu après son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement du Premier ministre Donald Tusk a demandé un premier versement de 6,3 milliards d’euros sur les quelque 60 milliards d’euros que Bruxelles doit à Varsovie dans le cadre de la FRR.
La décision positive de la Commission « serait un coup de pouce pour le Premier ministre Donald Tusk, dont la coalition a promis d’améliorer les relations avec les alliés européens et de mettre fin aux reculs démocratiques », rapporte Bloomberg.
La Commission européenne a longtemps gelé l’accès aux fonds, suite à des inquiétudes profondes sur l’État de droit dans le pays sous le précédent gouvernement nationaliste Droit et Justice (PiS).
Ce dernier entretenait auparavant des relations tendues avec la Commission, principalement en raison de réformes controversées qui, selon la Commission et la Cour de Justice de l’UE, portaient atteinte à l’indépendance du système judiciaire.
Lorsque M. Tusk est arrivé au pouvoir, il avait promis de restaurer l’ordre démocratique polonais. Avec le nouveau gouvernement, « les relations tendues de la Pologne avec l’UE s’amélioreront », selon Bloomberg.
Afin de débloquer l’argent de la FRR, la Commission a fixé un ensemble de reformes que la Pologne doit respecter pour s’assurer que l’État de droit en Pologne soit respecté.
Soucieux de tenir ses promesses, le ministre polonais de la Justice, Adam Bodnar, a présenté aux autres ministres européens, en début de semaine, un ensemble de projets de loi visant à rétablir l’État de droit en Pologne.
Les fonds de relance pour la Pologne devraient être l’un des sujets de discussion entre M. Tusk et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite à Varsovie vendredi (23 février).
Interrogé par Euractiv sur l’ordre du jour de la visite, le service de presse de la Commission a déclaré qu’il n’était pas familier avec les détails, mais que les questions pertinentes pour les deux parties seraient soulevées.
« Tout porte à croire que vendredi, nous découvrirons qu’après des années de retard et des semaines de travail extrêmement intense (…), nous entendrons enfin des représentants des institutions européennes dire que la Pologne a débloqué ses fonds de relance », a déclaré M. Tusk au parlement polonais mercredi.
Il a accusé le PiS de laisser derrière lui « un bourbier de mauvaise volonté, d’incompétence, de phobies anti-européennes et de décisions qui ont dévasté le système judiciaire polonais » après huit ans au pouvoir.
Le PiS, quant à lui, affirme que c’est la coalition au pouvoir de M. Tusk qui a démantelé l’État de droit en Pologne, notamment en prenant illégalement le contrôle des médias publics et en arrêtant deux anciens ministres du PiS qui ont été reconnus coupables d’abus de pouvoir.