Bruxelles plaide pour un objectif de 30% de réduction d’émissions en 2020

La crise économique a réduit le coût nécessaire pour atteindre l’actuel objectif de réduction des émissions de l’UE pour 2020 de presque un tiers et rend possible l’objectif de 30 %, indique un projet de communication de la Commission européenne consulté par EURACTIV.com.

EURACTIV.fr

La crise économique a réduit le coût nécessaire pour atteindre l’actuel objectif de réduction des émissions de l’UE pour 2020 de presque un tiers et rend possible l’objectif de 30 %, indique un projet de communication de la Commission européenne consulté par EURACTIV.com.

Réduire de 20% les émissions de CO2 coûtera 22 milliards d’euros de moins que les estimations faites en 2008 lors de l’adoption du paquet énergie-climat. C’est l’une des principales conclusions d’un document de travail de la Commission européenne dont EURACTIV.com a obtenu une copie. Le coût total est aujourd’hui estimé à 48 milliards d’euros par an d’ci 2020 contre 70 milliards. 

La Commission européenne estime ainsi nécessaire pour l’UE d’accroître ses ambitions dans la lutte contre le changement climatique, si l’Europe ne veut pas prendre le risque d’être perdante en termes de création d’emplois verts. 
 
L’Europe s’est actuellement engagée à réduire de 20% ses émissions et de 30% en cas d’engagements significatifs de ses partenaires internationaux dans ce sens. La Grande Bretagne est favorable à un engagement de l’UE à hauteur de 30% quoi qu’il arrive. De son côté, le ministre de l’Environnement allemand s’est prononcé en ce sens, dimanche 2 mai. 
 
Selon la Commission, le potentiel de réduction d’émission de CO2 espéré grâce au système d’échange de quotas d’émissions européen (EU ETS) est “sévèrement affecté pour longtemps”. Atteindre, comme prévu au départ, un prix de 30 euros la tonne de CO2 nécessiterait de changer d’objectif global et de passer à 30%.
 
L’exécutif européen estime le coût additionnel d’un engagement de 30% à 33 milliards d’euros en 2020. Ce qui porterait à 81 milliards d’euros, c’est à dire 0,54% du PIB la somme totale liée à la réduction des émissions de CO2, soit 11 milliards de plus que prévu. 
 
Les investissements supplémentaires pourraient être compensés par une amélioration de la qualité de l’air. L’UE pourrait ainsi économiser entre 6,5 et 10 milliards d’euros dans ses dépenses de santé et réduire ses contrôles sur les autres polluants, indique le texte. 

Etude d’impact sur la taxe carbone


La Commission évalue l’impact de la mise en place d’une taxe carbone aux frontières qui pourrait nécessiter de la part des pays moins ambitieux dans le domaine de l’environnement, d’acheter des crédits d’émissions pour couvrir le contenu en carbone de leurs produits importés. 
 
Cependant, si le projet de document laisse ouvertes toutes les options, le texte prévient qu’une telle disposition pourrait engendrer des “mesures de représailles” et “entraver la poursuite des négociations internationales”, qui doivent permettre de déterminer l’avenir du protocole de Kyoto.  
 
“Des mesures effectives pour protéger les frontières, et qui ne pourraient être contournées, seraient difficiles à déterminer, à mettre en place et à faire respecter’, explique la Commission. Cette mesure, qui suscite l’hostilité d’une majorité des États membres de l’UE est soutenue par la France depuis trois ans. 
 
“Ce devrait être la fin du débat sur les frontières”, explique Sanjeev Kumar du think tank E3G. Selon lui, le texte de la Commission constitue “un bon pas en avant”, car la meilleure façon d’avancer dans le domaine des objectifs climatiques de l’UE est de fixer le cap du système d’échange de quotas d’émissions.