Bruxelles, "point focal" de la lutte anti-terroriste avec les États-Unis

Dix ans après les attentats du 11 septembre, l’Amérique a rebattu ses cartes diplomatiques mais compte toujours sur son vieil allié européen. Interrogé par EURACTIV.com, l’ambassadeur américain auprès de l’UE William E.Kennard revient sur les défis de la relation transatlantique.

EURACTIV.fr

Dix ans après les attentats du 11 septembre, l’Amérique a rebattu ses cartes diplomatiques mais compte toujours sur son vieil allié européen. Interrogé par EURACTIV.com, l’ambassadeur américain auprès de l’UE William E.Kennard revient sur les défis de la relation transatlantique.

La sécurité et l’économie. En s’attardant sur ces thèmes, l’ambassadeur américain William E.Kennard, en poste depuis deux ans auprès des institutions européennes, revient sur le noyau dur des relations transatlantiques. « Ici à Bruxelles, je me sens privilégié d’être le point focal de notre coopération avec l’Europe pour contrer le terrorisme. (…) Notre coopération internationale est tellement centrée sur la lutte contre le terrorisme », insiste-t-il.

A l’arrivée d’Obama au pouvoir, l’ampleur de la tâche était considérable, car le président héritait selon lui non pas de deux mais de trois guerres  : l’Afghanistan, l’Irak mais aussi « la guerre contre Al Qaida ».

Dressant un bilan élogieux de l’action du président américain, l’ambassadeur rappelle le chemin parcouru depuis, avec l’élimination d’Oussama Ben Laden et le « démantèlement », selon lui, du « leadership d’Al Qaida ».

Décrit comme un multilatéraliste sincère, le chef d’État américain a su à ses yeux faire de la lutte contre le terrorisme un instrument diplomatique intelligent, pour « tendre la main à la communauté musulmane ». L’illustration la plus directe étant la visite au Caire où le président américain a donné « l’un de ses plus importants discours ».

L’Europe doit prendre des mesures « courageuses »

Ce virage multilatéraliste, les États-Unis l’ont confirmé lors du conflit libyen, qui a marqué le « triomphe de cette approche ». « Nous avons évidemment participé mais n’avons pas dirigé [les opérations] », précise l’ambassadeur.

Les États-Unis se repositionnent diplomatiquement, mais s’investissent-ils toujours autant dans leur relation avec le vieux continent ? Dans un couple comme dans les relations internationales, « on ne peut jamais prendre l’autre pour acquis », répond en substance William E.Kennard, soulignant toutefois que les deux parties sont sur la même longueur d’ondes en matière de régulation financière.

Lucide sur la vulnérabilité des institutions européennes, l’ambassadeur se remémore les attentes déçues provoquées par le Traité de Lisbonne. Celui-ci laissait espérer « que les changements apportés allaient aboutir à une Europe nouvelle, pleinement ouverte sur l’extérieur », signale-t-il, concédant toutefois que « l’on ne crée pas un service d’action extérieur en une nuit. Cela prend du temps ».

Mais la crise de l’eurozone, « qui nous a tous a frappés », a cruellement révélé « que beaucoup des changements de Lisbonne étaient inadéquats pour traiter la crise », trahissant ainsi « le manque d’intégration fiscale et monétaire » de l’Union. Une situation qui inquiète les États-Unis mais qui exacerbe surtout leurs attentes à l’égard de l’Europe. Celle-ci doit se résoudre à prendre des mesures « courageuses » pour « au moins gagner du temps et être un peu en avance sur les marchés ».

L’interview est disponible dans son intégralité ici (en anglais).