Bruxelles prélèvera des impôts et émettra des obligations, prédit un économiste

Une nouvelle autorité fiscale pouvant émettre des obligations à Bruxelles, sous la forme d'une DG de la Commission avec un contrôle strict du Conseil et du Parlement, devrait voir le jour à cause de la crise financière, a déclaré un grand économiste britannique à EURACTIV.

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Une nouvelle autorité fiscale pouvant émettre des obligations à Bruxelles, sous la forme d'une DG de la Commission avec un contrôle strict du Conseil et du Parlement, devrait voir le jour à cause de la crise financière, a déclaré un grand économiste britannique à EURACTIV.

Lors d'un entretien réalisé dans le sillage de l'appel du ministre britannique des finances, George Osborne, pour une meilleure intégration européenne, l'économiste Andrew Lilico a déclaré que l'intégration fiscale ne serait crédible que si elle était gérée par Bruxelles.

Une sorte d'union de transfert est inévitable selon lui, mais sera rejetée par les Etats riches, comme l'Allemagne, si elle implique que les fonds versés aux Etats en difficulté puissent être dépensés à leur guise.

Il a affirmé qu'une nouvelle autorité basée à Bruxelles devrait s'occuper de la distribution des fonds structurels et, étant donné le nouvel accord sur le FESF, avoir le pouvoir de distribuer des capitaux aux membres de la zone euro sous certaines conditions. Enfin, cet organe devrait avoir la possibilité de prélever des impôts et d'émettre des euro-obligations.

M. Lilico, qui jouit d'une grande influence sur la politique de réduction du déficit de la coalition au gouvernement du Royaume-Uni, a expliqué qu'une telle initiative développerait les fonctions institutionnelles existantes de l'UE

L'émission d'euro-obligations, une mesure à laquelle s'oppose l'Allemagne, n'interviendrait que lors de la dernière étape de la création d'un tel organe, a-t-il affirmé. La priorité serait d'élargir la distribution des fonds structurels et d'établir une autorité fiscale centralisée.

Ce n'est que lorsque cette autorité fiscale aura été établie avec succès que l'émission d'euro-obligations sera envisagée, a-t-il argué.

Une Europe à deux vitesses pour contrer les eurosceptiques

La réticence de Berlin face à l'idée d'une union de transfert se fonde sur sa méfiance vis-à-vis des paiements ad hoc aux Etats membres en difficulté, a affirmé M. Lilico, expliquant que ce pays accepterait par contre qu'une autorité centrale soit établie à Bruxelles avec le pouvoir d'imposer et de faire respecter des conditions.

M. Lilico a également laissé entendre que la création d'un tel organe donnerait lieu à une Union européenne à deux vitesses, ce qui contrerait l'euroscepticisme. Selon lui, un tel système « encouragerait [les eurosceptiques] à être fainéants », dans la mesure où leurs principales doléances trouveraient une réponse par le simple fait qu'ils soient en dehors du groupe.

Par contre, si la situation n'évolue pas dans la zone euro, le Royaume-Uni pourrait bien quitter l'UE sous le poids des demandes de la population, a affirmé M. Lilico.

Le directeur d'Europe Economics a également confié à EURACTIV qu'il pensait que l'Italie et l'Espagne ne présentaient pas un grand risque en termes de dette souveraine, que les prix actuels étaient « faux », mais que la Grèce, voire le Portugal, serait à terme forcée de quitter la zone euro.

Pour lire cet entretien dans son intégralité en anglais, veuillez cliquer ici.