Bruxelles soutient la candidature de Lagarde au FMI

Le président de la Commission européenne a salué les qualités de la ministre de l’Économie française et son engagement pour le renforcement de la gouvernance économique mondiale.

EURACTIV.fr
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Le président de la Commission européenne a salué les qualités de la ministre de l’Économie française et son engagement pour le renforcement de la gouvernance économique mondiale.

« J’ai décidé de présenter ma candidature à la direction générale du Fonds monétaire international ». Moins de deux semaines après l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol et sa démission du poste de président du Fonds monétaire international, Christine Lagarde a officiellement déclaré son intérêt pour lui succéder.

Lors d’une conférence de presse, la ministre de l’Économie a indiqué qu’elle entendait effectuer un mandat complet de cinq ans.

Succession difficile

« Je ne suis pas la candidate des banques et du système », a-t-elle ajouté en disant qu’elle était en faveur d’une meilleure régulation du système financier.

Moins d’un quart d’heure plus tard, le président de la Commission européenne a annoncé soutenir « pleinement »cette candidature, dans un communiqué de presse. « Mme Lagarde est très respectée sur le plan international, notamment comme Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de la France, membre de l’Eurogroup et actuelle présidente du G20 Finance », a déclaré José Manuel Barroso. 

« La Commission européenne, qui a des rapports de travail très étroits avec le FMI, considère que les qualités de Mme Lagarde, ainsi que son engagement pour le renforcement de la gouvernance économique mondiale sont indispensables pour assurer la mission du FMI et sa contribution vitale à la stabilité économique internationale », a ajouté le président de la Commission. 

Avant sa déclaration officielle, d’autres dirigeants européens avaient déjà manifesté leur soutien à Christine Lagarde, à l’instar du premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel avait indiqué tenir la Française « en haute estime ». 

Dans sa déclaration officielle, Christine Lagarde s’est d’ailleurs dite confortée par le soutien de nombreux pays et a reconnu que briguer la succession de Dominique Strauss-Kahn ne serait pas chose aisée.

Conscience tranquille

« Depuis quelques jours, vous le savez, j’ai reçu un certain nombre d’appels, de soutiens, de différents pays. Ils m’ont confortée dans ma décision de présenter ma candidature. C’est un immense défi que j’aborde avec beaucoup d’humilité et en souhaitant recueillir le plus large consensus », a-t-elle ajouté.

Christine Lagarde a dit avoir « la conscience parfaitement tranquille » dans l’affaire Tapie, où elle pourrait faire l’objet d’une enquête pour abus d’autorité en raison de son rôle dans l’arbitrage rendu en faveur de l’homme d’affaires français.

Elle entend d’ailleurs maintenir sa candidature même si une enquête était ouverte, sans doute le 10 juin, dans cette affaire.

La ministre de l’Économie souhaite poursuivre l’action du FMI pour enrayer la crise de la dette qui sévit dans la zone euro.

Le FMI légitime

« Au cours des derniers mois, aucune zone n’a été épargnée par les conséquences de la crise financière et économique, pas même d’ailleurs les zones que l’on croyait les plus solides. Leur rétablissement s’appuie aujourd’hui sur l’expertise comme sur le soutien financier du Fonds monétaire international », a-t-elle dit.

« Le Fonds, à l’occasion de la crise, s’est replacé au coeur de l’action internationale et sa place y est tout à fait légitime. Son mode de gouvernance comme ses instruments d’intervention ont été rénovés en profondeur, même s’il reste du chemin à parcourir pour une meilleure représentativité et pour une plus grande flexibilité », a-t-elle poursuivi.

Le FMI prévoit de désigner d’ici à la fin juin son nouveau directeur général. Les candidatures peuvent être déposées depuis lundi dernier et jusqu’au 10 juin.

Certains candidats ont déjà été également pressentis. A l’instar de l’ancien ministre des Finances turc, Kemal Dervis.