Budget de l'UE : la Pologne promet de prendre le problème à bras-le-corps

Le prochain budget à long terme de l'UE pour 2014-2020 sera l'une des priorités de la présidence polonaise de l'UE au second semestre de cette année. Varsovie serait d'ailleurs prête à en découdre pour obtenir plus de financements européens, selon le programme polonais dévoilé hier (31 mai).

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Le prochain budget à long terme de l'UE pour 2014-2020 sera l'une des priorités de la présidence polonaise de l'UE au second semestre de cette année. Varsovie serait d'ailleurs prête à en découdre pour obtenir plus de financements européens, selon le programme polonais dévoilé hier (31 mai).

La Pologne a dévoilé hier ses priorités pour la présidence de l'UE. Elle succèdera à la Hongrie le 1er juillet pour six mois.

Le programme de la présidence, un document de cinq pages, a été adopté par le Conseil des ministres hier (31 mai) et a été présenté aux médias à Varsovie par le premier ministre polonais, Donald Tusk.

Ces deux dernières années, l'accent a été mis sur le sauvetage du secteur bancaire en difficulté dans l'Union afin d'éviter un effondrement des finances publiques. La Pologne souhaite à présent concentrer les efforts sur la croissance.

Pour Varsovie, le budget à long terme de l'UE pour 2014-2020 est le principal outil qui permettra de remettre l'Europe sur les rails.

« La présidence polonaise estime que le nouveau budget de l'UE devrait être un outil d'investissement servant à la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 [pour la croissance] », peut-on lire dans le programme.

« Si l'Europe veut être compétitive sur la scène mondiale, elle ne doit pas se concentrer uniquement sur les finances publiques et la limitation des déficits budgétaires. D'autres actions sont nécessaires ».

Budget agricole et régional

Pour la Pologne, il s'agit de conserver les financements généreux de l'UE en faveur des régions plus pauvres et de garantir une somme d'argent raisonnable aux agriculteurs afin qu'ils puissent financer leur « modernisation ».

Toutefois, les grands contributeurs de l'UE (la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne) ne sont pas du même avis et prévoient de limiter les dépenses, afin de refléter les mesures d'austérité actuellement prises par les Etats membres.

Lors d'un sommet en octobre l'année dernière, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont mis d'accord sur le fait que tout en renforçant la discipline budgétaire de l'Union, il était essentiel que le budget de l'UE et le prochain budget à long terme reflètent les efforts d'assainissement réalisés par les Etats membres.

Le premier ministre britannique, David Cameron, est le plus fervent défenseur des mesures d'austérité. « A partir de maintenant, le budget de l'UE reflètera les réductions des dépenses opérées par les gouvernements nationaux », avait-il alors déclaré. « Ce sera le cas pour chaque année à partir de maintenant, y compris pour la ligne de dépense cruciale de 2014-2020 ».

Les propositions de la Commission sur le budget à long terme de l'UE sont attendues le 29 juin, la veille du début de la présidence polonaise.

Le programme de la présidence polonaise se concentre sur trois priorités principales :

  • « L'intégration européenne comme source de croissance » : budget, marché unique.
  • Une « Europe sûre » : alimentation, énergie, défense.
  • Une « Europe ouverte sur le monde » : pays voisins au Sud et à l'Est, Balkans occidentaux, Russie et cycle des négociations commerciales de Doha.

Hier (31 mai), le groupe libéral au Parlement européen, ALDE, a demandé que le prochain budget à long terme de l'UE soit négocié en consultation avec les parlements nationaux.

Le dirigeant de l'ALDE, Guy Verhofstadt, a déclaré : « Nous avons demandé à la présidence polonaise de lancer un débat public sur l'objectif, la portée et la direction du [cadre financier pluriannuel] à l'échelle de l'UE en créant une conférence sur le futur financement de l'Union, à laquelle participeraient les parlements nationaux. Ils [les Polonais] ont répondu positivement à notre proposition ».