Bulgarie : le gouvernement n’imposera pas la fermeture des centrales électriques au charbon

Le gouvernement bulgare a promis aux travailleurs du secteur du charbon — qui protestent depuis plusieurs jours — qu’il ne fermerait pas de centrales électriques au charbon avant 2038, déclarant que la question serait laissée entre les mains du marché.

EURACTIV Bulgarie
Bulgarian miners protest to keep coal plants running in Sofia
Manifestations des mineurs de charbon en Bulgarie. [EPA-EFE/VASSIL DONEV]

Le gouvernement bulgare a promis aux travailleurs du secteur du charbon — qui protestent depuis plusieurs jours — qu’il ne fermerait pas de centrales électriques au charbon avant 2038, déclarant que la question serait laissée entre les mains du marché.

Après des négociations entre le gouvernement et les manifestants qui ont duré près de sept heures et auxquelles ont participé des députés de la plupart des partis siégeant au parlement, un accord a finalement été signé avec une grande partie des manifestants.

« Ces centrales à charbon, qu’elles soient publiques ou privées, pourront fonctionner [jusqu’en 2038], et le marché décidera ensuite de leur maintien en activité », a déclaré le Premier ministre Nikolaï Denkov. Il a annoncé que l’accord avec les travailleurs de l’industrie du charbon serait à présent soumis au parlement pour ratification.

« Nous voulons un engagement envers les manifestants, non seulement de la part du gouvernement, mais aussi des partis politiques », a ajouté M. Denkov.

Il y a deux ans, la Bulgarie s’est engagée à fermer sa dernière centrale électrique au charbon en 2038, dans le cadre des objectifs qu’elle s’était fixés dans le cadre de son plan de relance.

À l’origine des manifestations de ces derniers jours, la crainte que la fermeture des centrales au charbon ne soit achevée bien avant l’échéance, ce qui laisserait les mineurs sans emploi.

La Bulgarie attend 1,8 milliard d’euros de la Commission pour mener à bien une transition sociale juste dans les régions charbonnières, mais les projets de l’État se heurtent aux intérêts politiques des partis anti-UE, tels que le parti pro-russe Renaissance (Vazrazhdane), et des syndicats qui représentent des milliers de personnes dans les régions charbonnières.

Selon les plans territoriaux pour une transition juste, qui ont été envoyés par la Bulgarie à Bruxelles vendredi dernier (29 septembre), 15 000 nouveaux emplois dans le secteur de la technologie de pointe seront créés dans les régions charbonnières. Actuellement, 12 000 personnes sont directement employées dans l’industrie du charbon, et la Bulgarie reste dépendante de cette industrie, qui produit près de 37 % de l’électricité du pays.

Par ailleurs, M. Denkov a déclaré qu’en dépit de l’accord signé, les manifestants n’ont pas de consensus sur la question de savoir si les barrages routiers prendront fin.

« Une partie des personnes présentes n’a pas signé l’accord, car il s’agissait de représentants des travailleurs des mines », a commenté le président du syndicat Podkrepa, Dimitar Manolov. Il a ajouté que les mineurs se méfiaient grandement des dirigeants.

Le gouvernement promet de verser 75 000 euros à toute personne acceptant de quitter son emploi. Pour les travailleurs qui ne veulent pas le faire, un emploi sera proposé dans une entreprise publique qui œuvre à la transition écologique dans les régions charbonnières.

« Si ces accords ne sont pas respectés, à l’exception des demandes qui vont à l’encontre des réglementations européennes, je démissionnerai », a déclaré M. Denkov lors de sa rencontre avec les mineurs protestataires.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]