Bulgarie : les liens présumés entre un oligarque et Evgueni Prigojine pourraient raviver la crise politique

Les nouvelles accusations contre l’oligarque bulgare, Vasil Bozhkov, sanctionné pour ses liens avec le défunt dirigeant du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, pourraient plonger la Bulgarie dans une nouvelle crise politique.

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Vasil Bozhkov, accusé de meurtres commandités, d’extorsion et de dissimulation de centaines de millions d’euros de taxes dans le cadre de son activité de jeux d’argent, a vu de nouvelles charges retenues contre lui samedi (26 août), alors qu’il avait décidé de rentrer en Bulgarie — après trois ans passés à Dubaï — pour « prouver son innocence devant le tribunal » vendredi. [ [EPA-EFE/ANATOLY MALTSEV]]

Les nouvelles accusations contre l’oligarque bulgare, Vasil Bozhkov, sanctionné pour ses liens avec le défunt dirigeant du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, pourraient plonger la Bulgarie dans une nouvelle crise politique.

Vasil Bozhkov, l’un des hommes les plus riches de Bulgarie, accusé de meurtres commandités, d’extorsion et de dissimulation de centaines de millions d’euros de taxes dans le cadre de son activité de jeux d’argent, a vu de nouvelles charges retenues contre lui samedi (26 août), alors qu’il avait décidé de rentrer en Bulgarie — après trois ans passés à Dubaï — pour « prouver son innocence devant le tribunal » vendredi.

Le procureur du ministère public de la ville de Sofia a déclaré qu’un « ordinateur contenant le courrier électronique de Vasil Bozhkov montre clairement qu’il a entretenu des relations d’affaires avec le citoyen russe Evgueni Prigojine et un certain nombre d’autres citoyens russes sanctionnés après l’annexion de la Crimée ».

Cette information a été révélée il y a plus de deux ans et demi, mais elle n’est rapportée que maintenant par le procureur.

« L’accusé M. Bozhkov a structuré des sociétés actives dans le domaine des jeux d’argent, avec un capital financier important, et il a enregistré des activités de jeu en République de Géorgie », a ajouté le procureur Kanev.

Parmi les 19 chefs d’accusation portés contre M. Bozhkov, aucun ne concerne la violation des sanctions à l’encontre de la Russie. De son côté, M. Bozhkov a répondu que les accusations n’avaient « aucun sens ».

Le procureur a ajouté qu’une enquête avait été ouverte contre M. Bozhkov pour délits fiscaux et blanchiment d’argent en Moldavie également.

Pots-de-vin aux politiciens ?

Le retour de M. Bozhkov a fait l’objet d’une large couverture médiatique en Bulgarie et pourrait entraîner de sérieuses répercussions sur la vie politique du pays.

Il devrait être interrogé en tant que témoin parce qu’il affirme avoir versé plus de 30 millions d’euros de pots-de-vin au président du plus grand parti bulgare, le GERB, au Premier ministre de longue date, Boïko Borissov, ainsi qu’à son ancien ministre des Finances, Vladislav Goranov.

Au début de l’année, les États-Unis avaient imposé des sanctions à M. Goranov à la suite des déclarations de M. Bozhkov, ce qui montre que Washington reconnaît la véracité d’une partie au moins des déclarations de l’oligarque.

M. Borissov constitue actuellement une figure de proue du gouvernement et, sans son soutien, la Bulgarie pourrait connaître une nouvelle crise politique à un moment où l’UE compte sur une gouvernance pro-européenne à Sofia.

« L’homme a décidé et il est revenu. Que puis-je dire de plus  ? Des milliers de passagers vont et viennent. Nous avons donné des preuves. Nous avons tout expliqué », a commenté le président du GERB à propos du retour de M. Bozhkov dans le pays.