Buzek propose d'élire les commissaires
Jerzy Buzek, président polonais du Parlement européen, a proposé que les futurs commissaires de l'UE soient élus sur une base européenne pour obtenir un mandat démocratique.
Jerzy Buzek, président polonais du Parlement européen, a proposé que les futurs commissaires de l'UE soient élus sur une base européenne pour obtenir un mandat démocratique.
M. Buzek, qui est en visite à Dublin pour deux jours, a fait cette proposition lors d'un discours tenu à l'Université de Humboldt lundi (22 mars), selon l'Agence de Presse polonaise (PAP).
Il a proposé une "parlementarisation" de la Commission européenne, qui selon lui décide d'environ 65 % des lois adoptées au niveau national.
Aucun besoin de changer les traités, a-t-il dit. Nous devons juste convaincre les pays de l'UE d'ajouter leurs candidats commissaires aux listes pour les élections européennes, a-t-il expliqué.
Ces gens pourraient être les têtes de liste, a-t-il ajouté. Les futurs commissaires qui s'engageront dans les élections européennes auront un mandat démocratique, parce qu'ils seront élus au suffrage universel, a expliqué M. Buzek.
Nous nous rapprocherions de l'objectif d'un demos européen, a-t-il souligné.
Egoïsme national
Ici, il y a un peu plus de vingt ans, dans l'ancienne Berlin de l'est, les gens se sont rappelés qu'ils n'appartenaient qu'à une seule nation. Ils ont chanté dans les rues : Wir sind ein (Nous sommes une nation). Ils ont été guidés par l'idée de la réunification allemande, a déclaré M. Buzek, rappelant les manifestations démocratiques dans l'ancienne Allemagne de l'est communiste à l'automne 1989.
Ainsi, nous devons changer l'attitude de nos citoyens, et dire : Wir sind das Volk Europas (nous sommes la nation d'Europe). Nous devons créer une identité européenne pour les citoyens, un nouveau sentiment d'appartenance, a-t-il ajouté.
M. Buzek a mis en garde contre un retour aux égoïsmes nationaux en Europe, affirmant que le traité de Lisbonne avait créé un nouvel ordre de gestion institutionnelle. Certains, cependant, sont désormais effrayés et essayent de saper le travail des institutions européennes, a-t-il dit.
Nous ne pouvons pas le permettre. Les citoyens et les hommes politiques doivent comprendre qu'aujourd'hui, en affaiblissant l'Europe, on ne renforce pas les Etats nations. Au contraire, on les affaiblit, a-t-il affirmé.
Dans un monde globalisé, il n'y aura pas de pays nationaux forts en Europe s'il n'y a pas une Union européenne forte. Le monde globalisé menace les Etats nations européens, a ajouté M. Buzek.
L'Europe est un système de vases communicants. Si l'un d'entre eux se brise dans ce système compliqué, cela affectera l'intégralité du système, a déclaré le président du Parlement, concluant : Nous n'avons pas le temps de faire marche arrière. Revenir aux égoïsmes nationaux ne nous apportera rien, a-t-il conclu.