Cameron, Clegg : début d'une nouvelle ère de coalition pour le Royaume-Uni
Les conservateurs du nouveau premier ministre David Cameron et le parti démocrate libéral, plus petit, dirigé par Nick Clegg, ont conclu un accord tôt ce matin (12 mai) pour former le premier gouvernement de coalition du Royaume-Uni depuis 1945. M. Clegg ramène les démocrates libéraux au gouvernement pour la première fois en 70 ans.
Les conservateurs du nouveau premier ministre David Cameron et le parti démocrate libéral, plus petit, dirigé par Nick Clegg, ont conclu un accord tôt ce matin (12 mai) pour former le premier gouvernement de coalition du Royaume-Uni depuis 1945. M. Clegg ramène les démocrates libéraux au gouvernement pour la première fois en 70 ans.
L'accord entre les deux partis, conclu cinq jours après l'élection non concluante, met fin à 13 ans de gouvernement par le parti travailliste (Labour) de centre gauche dirigé par Tony Blair puis son successeur Gordon Brown.
Le partenariat encore jamais testé devra assainir les finances publiques, avec un record de déficit budgétaire qui représente plus de 11 % de la production nationale.
Les marchés ont salué l'accord, espérant qu'un gouvernement mené par les conservateurs de centre droit entreprendra des actions rapides pour réduire les dépenses.
Pas d'illusions
Ce sera dur, et le travail va être difficile. La coalition va engendrer toutes sortes de défis. Je pense toutefois que nous pouvons apporter ce gouvernement fort et stable, dont notre pays a besoin, a dit M. Cameron dans son premier discours en tant que premier ministre.
Les démocrates libéraux (Lib Dem) ont également célébré la fin d'années passées à l'ombre du Labour et des conservateurs.
Il y aura évidemment des problèmes, il y aura bien sûr quelques pépins. Mais je ferai toujours de mon mieux pour prouver que les nouvelles politiques sont non seulement possibles, mais aussi meilleures, a affirmé le dirigeant des Lib Dem Nick Clegg, qui sera vice premier ministre, aux journalistes.
Son parti a apporté la touche finale à l'accord lors de la rencontre qui s'est terminée après minuit mardi.
M. Cameron, un ancien directeur des relations publiques de 43 ans, a pris sa fonction de premier ministre il y a quelques heures seulement après que M. Brown a reconnu avoir échoué à conclure un accord avec les Lib Dem.
Il est le plus jeune premier ministre britannique depuis 1812, et il a quelques mois de moins que Tony Blair lorsqu'il a été propulsé au pouvoir en 1997.
Les Tories ont été déchirés par les négociations avec l'Europe après la résignation de leur première ministre restée longtemps au pouvoir Margaret Thatcher. L'avancée vers la droite avait échoué à enthousiasmer les électeurs.
M. Cameron, un jeune ancien directeur des relations publiques, a cassé l'image de "mauvais parti" des conservateurs, les rapprochant du centre, soulignant son engagement à défendre le service national de la santé dirigé par le gouvernement et de le faire devenir pro environnemental.
M. Clegg et M. Cameron ont beaucoup en commun. Ils ont le même âge. M. Cameron, qui a suivi son cursus scolaire à Eton, est le fils d'un agent de change. M. Clegg, qui a suivi son cursus scolaire dans une école privée, est le fils d'un banquier. M. Cameron a étudié à Oxford, et M. Clegg à Cambridge.
M. Clegg a bénéficié d'une montée spectaculaire depuis son entrée dans la politique britannique en 2005, devenant dirigeant de parti deux ans plus tard.
Né d'une mère néerlandaise et d'un père à moitié russe, et marié à une avocate espagnole, il est le plus pro européen de tous les dirigeants de partis et parle cinq langues.
M. Clegg était conseiller à la Commission européenne avant de devenir membre du Parlement européen de 1999 à 2004.
Les Lib Dem ont plus de choses en commun avec les travaillistes en termes d'opinions politiques, mais les discussions pour former ce que les médias ont appelé une coalition de perdants ont rapidement échoué.
Les conservateurs représentent le plus grand parti au parlement après l'élection de la semaine dernière mais auraient du remporter 20 sièges de plus pour obtenir la majorité absolue. Combinés avec les démocrates libéraux, ils auront une majorité de 76 sièges.
Osborne serait ministre des finances
Le bureau du premier ministre a annoncé tard mardi qu'il y aurait au total cinq Lib Dem au gouvernement, y compris M. Clegg.
Il n'a pas nommé les quatre autres ministres mais il semblerait que Vince Cable, le porte parole Lib Dem du trésor très en vue, bénéficierait d'un rôle de supervision des banques et des entreprises.
Une source conservatrice a dit que les deux partis avaient convenu d'accélérer de façon considérable les plans de réduction du déficit. L'attention sera portée davantage sur la réduction des dépenses publiques que sur l'augmentation des impôts.
Une source conservatrice a indiqué que George Osborne, un ami proche et allié de M. Cameron, deviendrait le nouveau ministre des finances.
Certaines personnes de l'industrie financière ont exprimé des doutes par rapport à M. Osborne, car il n'a pas d'expérience et récupèrerait une économie qui émerge de la pire récession qui ait eu lieu depuis la seconde guerre mondiale.
William Hague, un ancien dirigeant conservateur, et l'un des principaux négociateurs avec les Lib Dem, deviendra ministre des affaires étrangères.
Des adieux remplis d'émotion
Gordon Brown a rendu un discours d'adieu rempli d'émotion, entouré de sa femme Sarah et de leurs enfants.
Il a dit que c'était sa faute -et la sienne seulement- si le parti travailliste n'avait pas obtenu de majorité, mais qu'avoir servi en tant que premier ministre avait été un privilège.
M. Brown, qui tenait les mains de ses deux enfants, Jon, 6 ans, et Fraser, 3 ans, a dit qu'il avait quitté le 10 Downing street, que cela avait été la seconde fonction préférée de sa vie, la première étant le fait d'être un mari et un père.
Il a choqué son parti en disant qu'il voulait quitter le parlement ainsi que son poste de premier ministre immédiatement, propulsant son adjoint, Harriet Harman, dans le rôle de dirigeant intérimaire.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)