Cameron joue dans la cour des Tories eurosceptiques
Le leader des conservateurs britanniques David Cameron, qui d'après les sondages reste sur la bonne voie pour devenir le prochain premier ministre britannique, ne s’est pas éloigné des sentiers battus classiques des conservateurs lors du débat télévisé d'hier soir, déclarant que son gouvernement voulait être dans l'UE, non pas gouverné par l'UE. Ses opposants l'ont toutefois accusé de vouloir isoler le Royaume-Uni sur la scène mondiale.
Le leader des conservateurs britanniques David Cameron, qui d'après les sondages reste sur la bonne voie pour devenir le prochain premier ministre britannique, ne s’est pas éloigné des sentiers battus classiques des conservateurs lors du débat télévisé d'hier soir, déclarant que son gouvernement voulait être dans l'UE, non pas gouverné par l'UE. Ses opposants l'ont toutefois accusé de vouloir isoler le Royaume-Uni sur la scène mondiale.
Le débat télévisé d'hier soir entre le favori pour devenir le futur premier ministre M. Cameron, le premier ministre sortant Gordon Brown et le leader du parti libéral démocrate Nick Clegg, a vu le leader des Tories tenir des propos eurosceptiquesmémorables et assez prévisibles.
M. Cameron a affirmé que ses opposants cédaient à tout ce qui venait de Bruxelles et ne défendaient pas leur pays.
La question de l'Europe est un casse-tête historique pour les dirigeants des Tories, qui doivent trouver un équilibre délicat pour contenter l’influent courant eurosceptique du parti tout en maintenant des relations cordiales avec les groupes politiques du même bord politique à travers l'Europe.
Suite aux élections européennes de juin 2009, M. Cameron a semblé confirmer ses tendances eurosceptiques lorsqu'il a retiré les Tories duprincipal parti du Parlement européen, situé au centre droit, l'estimant trop pro-européen. Cet événement a été perçu comme désastreux pour les Tories par de nombreux commentateurs européens, qui pensent qu'ils perdront non seulement leur influence mais aussi de nombreux partenariats européens majeurs (EURACTIV 13/07/09).
Les Tories sont devenus par la suitela force motrice de la formation d'un groupe eurosceptique dans l'assemblée de l'UE, le Groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR) (EURACTIV 23/06/09). Ils se sont cependant trouvés confrontés à des attaques persistantes selon lesquelles certains de leurs alliés auraient des convictions politiques extrémistes.
Echanges d'accusations sur l’Europe
Continuant dans cette voix, le dirigeant du parti travailliste Gordon Brown et le chef du parti libéral démocrate (Dem Lib) Nick Clegg ont poursuivi l'offensive sur la question des alliés des conservateurs dans l'UE. M. Brown a accusé M. Cameron d'avoir rejoint un groupe d'extrémistes de droite, alors que M. Clegg a affirmé que les Tories étaient alliés avec une bande de « tarés » et d’homophobes niant le changement climatique.
M. Brown a continué en déclarant que son rival Tory était anti européen et voulait un petit Royaume-Uni qui serait isolé et affaibli sur la scène internationale. Ne soyons plus jamais un siège vide dans l'Europe, a-t-il affirmé.
Faisant écho au premier ministre Gordon Brown, le leader Dem Lib Nick Clegg a annoncé : nous voulons diriger dans l'Europe, non pas rester sur la touche. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes lorsque nous travaillons ensemble en Europe, a-t-il dit.
M. Cameron a rétorqué en affirmant que les suppositions selon lesquelles un gouvernement conservateur laisserait le pays isolépar rapport à Bruxelles étaient illogiques. Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel défendent leurs pays, a-t-il affirmé lors de la conférence de Bristol, et ils ne restent pas sur la touche en Europe.
Mais vous vous êtes éloigné de M. Sarkozy et vous êtes partis avec les extrémistes de droite, a répondu M. Brown.
M. Cameron a contre-attaqué en accusant M. Brown d'avoir cédé trop de pouvoirs à Bruxelles, que les Tories veulent récupérer, ce qui a alimenté les suppositions selon lesquelles un gouvernement conservateur chercherait des dérogations pour le Royaume-Uni dans un certain nombre de politiques européennes.
M. Cameron a également attaqué le premier ministre travailliste pour avoir refusé d'honorer sa promesse d'organiser un référendum pour le traité de Lisbonne. Les gens se sentent trahis par le fait que le référendum n'ait pas eu lieu, a-t-il déclaré.
Ce que vous entendez de la part des deux autres, c'est, franchement : ne faites pas confiance au peuple. Ne leur demandez pas leur avis lorsque vous passez le pouvoir de Westminster à Bruxelles, a-t-il conclu.
Des sondages d'opinion peu concluants
Les premiers sondages d'opinion ont suggéré que le débat d'hier soir était beaucoup plus serré que le premier, qui a eu lieu mardi dernier.
Il n'était pas évident hier de savoir qui de M. Cameron ou M. Clegg avait pris le dessus, alors que les taux de M. Brown sont ceux qui se sont le plus amélioréparmi les trois candidats.
Le troisième débat, qui concernera l'économie, aura lieu jeudi prochain, et sera retransmis sur BBC One.