Capitale verte européenne, Grenoble veut « aller plus vite »

Grenoble est officiellement devenue capitale verte européenne ce samedi (15 janvier), un titre salué comme « un encouragement à aller plus vite » par son maire écologiste Eric Piolle, lors d'une cérémonie en marge de laquelle plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour une écologie « sociale et populaire ».

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Grenoble succède en 2022 à la ville finlandaise de Lahti comme lauréate de ce titre qui récompense des mesures « exemplaires » en matière d'environnement et de développement durable. [Stephane Debove/Shutterstock]

Grenoble est officiellement devenue capitale verte européenne ce samedi (15 janvier), un titre salué comme « un encouragement à aller plus vite » par son maire écologiste Eric Piolle, lors d’une cérémonie en marge de laquelle plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour une écologie « sociale et populaire ».

« Ce titre est plus qu’une formidable reconnaissance du chemin parcouru. C’est un encouragement à aller plus vite, plus haut, plus fort, par delà les différences partisanes et géographiques », s’est réjoui Eric Piolle lors de la cérémonie inaugurale au muséum.

« Nous voyons tous les jours autour de nous les conséquences de ce climat qui devient fou. C’est un monde qui disparaît et un monde nouveau que nous devons aider à faire naître. Ici, dans les Alpes, le climat devient fou plus vite qu’ailleurs. C’est notre horizon, la vérité, notre réalité. C’est notre boussole pour changer la vie et garantir à chacun le nécessaire pour vivre dignement », a-t-il ajouté.

Grenoble succède en 2022 à la ville finlandaise de Lahti comme lauréate de ce titre qui récompense des mesures « exemplaires » en matière d’environnement et de développement durable. La capitale de l’Isère est la 13e ville d’Europe à recevoir cette distinction et la 2e en France après Nantes en 2013.

« C’est une reconnaissance du passé de Grenoble, mais aussi de l’engagement de la ville vers un avenir plus ambitieux encore. Sa vision pour combattre le changement climatique m’impressionne », a souligné le commissaire européen à l’environnement Virginijus Sinkevicius.

« Vous avez été le carrefour des Alpes. Désormais, vous serez aussi un carrefour vert. Montrez le chemin à l’Europe », a-t-il poursuivi.

La cérémonie avait débuté par la prise de parole forte de quatre jeunes militants du mouvement Friday for Future. L’Allemande Luisa Neubauer a enjoint l’Europe à « payer sa dette climatique » et a fustigé la « trahison » de la France, « pays de l’accord de Paris » accusé de financer un pipeline en Afrique — en Ouganda — par l’intermédiaire de de Total.

« Nous sommes en pleine élection présidentielle et je ne compte plus le nombre de débats où le mot écologie n’a pas été prononcé une seule fois », a déploré l’activiste Camille Étienne.

« Greenwashing »

De son côté, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a rappelé que la justice française avait été saisie « pour savoir si Total respecte ou non les droits environnementaux et des personnes ». « La France ne soutient pas financièrement ce projet et s’est engagée à sortir des financements des énergies fossiles à la COP 26« , a-t-elle assuré.

Le titre « est une fierté pour la nation, le signe que la transition écologique essaime en France en 2022, plus que jamais » et « cette récompense grenobloise, au commencement de notre présidence de l’Union européenne, est un symbole d’autant plus important pour notre pays », a-t-elle ajouté.

Parallèlement à la cérémonie d’ouverture, 1 100 personnes selon la police et 1 500 selon les organisateurs, ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Grenoble, pour réclamer « une écologie sociale et populaire », à l’appel de plusieurs organisations locales dont la Confédération paysanne.

« Et un et deux et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité » ou encore « la COP numéro 12 toujours personne qui bouge, 13,14,15,…21,22, 23, on continue de compter et finalement : la COP numéro 52, on va crever sous peu », chantaient les manifestants, défilant sous des pancartes : « pas d’écologie sans révolution » ou « Grenoble capitale verte = Greenwashing ».

« On est plus sur une manifestation qu’une marche climat classique » et « il y avait quand même un intérêt à regrouper les choses », a déclaré Justine Solier, porte-parole des coorganisateurs de la marche à laquelle se sont greffés des membres du NPA (Nouveau parti anticapitaliste).

Les participants à la marche étaient invités à peindre en vert des portraits d’Emmanuel Macron et 150 masques le représentant avec le nez de Pinocchio ont été distribués.