Catherine Ashton fait la lumière sur les relations entre l'UE et la Russie
Lors d'un discours prononcé au Parlement européen hier (1er février), Catherine Ashton, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, a donné un aperçu des discussions en cours avec le plus grand voisin de l'Europe en amont des élections présidentielle de mars prochain en Russie.
Lors d'un discours prononcé au Parlement européen hier (1er février), Catherine Ashton, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, a donné un aperçu des discussions en cours avec le plus grand voisin de l'Europe en amont des élections présidentielle de mars prochain en Russie.
Mme Ashton a déclaré que les élections en Russie (voir « Contexte ») avaient fait l'objet d'une discussion avec le président du pays, Dmitri Medvedev, lors du sommet UE-Russie à Bruxelles le 15 décembre dernier.
« Le président Medvedev a expliqué qu'il était nécessaire que la situation politique évolue en Russie et que c'était le cas. Ceci est dû, selon lui, à l'amélioration des conditions de vie, à une société civile plus active et au développement des médias sociaux. Il a souligné que le gouvernement tirait des leçons des erreurs passées », a déclaré Mme Ashton.
« Certaines réformes politiques limitées ont été lancées. Les manifestations qui ont commencé en décembre dernier devraient toutefois se poursuivre. Le mouvement gagne des partisans et nous pouvons nous attendre à une grande mobilisation ce samedi [4 février] », a-t-elle ajouté.
Les déclarations de Mme Ashton semblent indiquer que M. Medvedev tente toujours de projeter une image moderne de lui-même face aux institutions européennes. Certains experts le trouvent différent et davantage pro-européen que le premier ministre, Vladimir Poutine, qui devrait remporter les élections présidentielles le 4 mars prochain.
D'autres observateurs sont persuadés qu'ils utilisent plutôt la technique du « bon et mauvais flic » avec leurs partenaires extérieurs.
Mme Ashton a expliqué aux eurodéputés que le fait que MM. Poutine et Medvedev annoncent qu'ils échangeraient leurs postes en 2012 avait donné aux citoyens russes l'impression que tout avait déjà été décidé entre les deux hommes, et ce peu importe l'avis des électeurs.
Inscription du candidat de Iabloko
Mme Ashton a demandé aux autorités russes de « revoir urgemment » leur décision de ne pas inscrire sur les listes Grigori Iavlinski, le leader du parti Iabloko qui s'est déjà présenté aux élections présidentielles par deux fois.
Selon la presse russe, la candidature de M. Iavlinski a été rejetée la semaine dernière après que les autorités ont décrété que 25,6 % des 2 millions de signatures fournies pour son inscription étaient invalides ou fausses.
Le gouvernement russe devrait résoudre rapidement les problèmes identifiés par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) lors des précédentes élections et faire de son mieux pour que les élections présidentielles du mois prochain soient libres et justes, a déclaré Mme Ashton.
Fermeté face à la Syrie
La haute représentante de l'UE s'est montrée ferme quant à la nécessité que la Russie lève son opposition à une résolution appelant le président syrien, Bachar al-Assad, à démissionner.
Des Etats arabes et occidentaux ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU le 31 janvier dernier d'adopter une résolution soutenant le plan de sortie de la Ligue arabe qui souhaite que le président syrien transfère le pouvoir aux mains de son vice-président et mette ainsi un terme aux soulèvements contre le régime. La Russie, qui considère la Syrie comme un allié dans une région clé, a qualifié ce projet de résolution d'« inacceptable ».
« En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie doit prendre au sérieux ses responsabilités en matière de paix et de sécurité internationales. Les anciennes alliances comptent peut-être, mais le destin du peuple syrien compte beaucoup plus », a affirmé Mme Ashton.
Elle a également déclaré qu'il serait nécessaire de travailler en étroite collaboration avec la Russie sur la question de l'Iran, où des inspecteurs de l'ONU prévoient de se rendre pour tenter de résoudre les conflits sur l'activité nucléaire de Téhéran. La Russie entretien de bonnes relations avec Téhéran et s'oppose à toute sanction contre l'Iran au Conseil de sécurité de l'ONU.
Mme Ashton a également mentionné la coopération « importante et parfois difficile » avec Moscou sur la situation en Géorgie et en Moldavie. Les deux parties font toutefois des efforts pour résoudre les conflits qui secouent l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie et la Transnistrie, a-t-elle déclaré.
Selon les experts, la stratégie de la Russie est d'éviter que ces conflits ne se résolvent, car ils empêchent l'UE de développer des relations plus étroites avec les anciennes républiques soviétiques.