Changement climatique et renouvelables : l'UE fait face à des choix critiques [FR]
Lors de la réunion des dirigeants européens au Sommet annuel de printemps, une dispute portant sur les énergies renouvelables menace de gâcher les tentatives de l'Europe de montrer au monde qu'elle est en tête de la lutte contre le changement climatique.
Lors de la réunion des dirigeants européens au Sommet annuel de printemps, une dispute portant sur les énergies renouvelables menace de gâcher les tentatives de l’Europe de montrer au monde qu’elle est en tête de la lutte contre le changement climatique.
- Renouvelables :
Les Etats membres européens sont toujours fortement divisés sur la question de savoir s’il faut rendre contraignant l’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables.
En janvier 2007, la Commission a présenté une proposition ambitieuse visant à augmenter la part des renouvelables dans la consommation totale de l’UE pour atteindre 20% d’ici 2020. Elle a tenté de rendre cet objectif légalement contraignant pour les Etats membres, soutenant qu’une telle décision pourrait faire économiser jusqu’à 100 milliards d’euros et 780 millions de tonnes de CO2 par an.
Mais les ministres des affaires étrangères, réunis le 5 mars, ne sont pas tombés d’accord sur le caractère contraignant de cet objectif. Les ministres de l’énergie se sont heurtés au même échec le mois dernier.
La plus forte opposition provient de la France et de la Finlande, qui répondent à une grande partie de leurs besoins en électricité par l’énergie nucléaire pauvre en carbone et qui estiment que cette donnée devrait être prise en compte. Elles bénéficient du soutien de quelques nouveaux Etats membres tels que la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Bulgarie – le charbon y restant une source d’énergie déterminante, les gouvernements s’attachent à résister à ces objectifs contraignants qui les forceraient à investir lourdement dans les sources d’énergie renouvelable (solaire, éolienne).
D’autres pays ont également mis en garde contre le fait d’imposer aux gouvernements des objectifs inaccessibles.
- Changement climatique :
En dépit du scepticisme dont font montre quelques pays comme la Pologne, la Hongrie, la Finlande, sur la réduction unilatérale européenne des émissions de gaz à effet de serre, les Etats membres ont atteint un consensus général sur l’objectif de 20% à l’horizon 2020.
Ils ont également convenu que cet objectif devrait être relevé à 30% en cas d’accord international sur la réduction des émissions de tous les pays développés, comprenant les Etats-Unis.
Toutefois, la question la plus épineuse concernant la répartition du poids de cette réduction entre les Etats membres ne sera pas évoquée lors de cette rencontre. Selon un officiel allemand, les discussions sur ce point pourrait durer : « Nous envisageons deux ans plutôt que deux mois ».